Au TPI de Dixin, ce lundi 14 juin,
les présumés assassins de l’opérateur économique, El hadj Doura Diallo
se succédaient à la barre. Après que El
hadj Mamadou Diallo, présenté comme présumé cerveau du réseau incriminé,
ait nié les faits – provoquant la colère du parquet- il revenu au chauffeur
du véhicule qui a transporté leur victime de passer de faire son méa-culpa.
« J’étais chez moi à
Maférinyah quand Elhadj Mamadou Diallo et Ibro (en fuite) sont venus
me rendre visite. Mais ils ne m’ont jamais parlé d’un projet
d’enlèvement. Nous sommes arrivés ensemble le même jour à Conakry, nous avons fait un tour dans quelques lieux de
loisirs. Ibro, lui, nous a quittés vers
22 heures. Et à 23 heures j’ai quitté les lieux avec El hadj Mamadou Diallo. On
a appelé Ibro, mais il ne décrochait pas. Donc je suis parti
passer la nuit dans un hôtel avec El hadj Mamadou Diallo. Et c’est à 04 heures
du matin qu’El hadj Mamadou Diallo m’a réveillé d’aller l’accompagner chez eux
à Hamdallaye qu’il a son père qui est malade, qu’il doit l’envoyer chez son guérisseur à
Enta. J’ai accepté. Arrivés à
Bambeto, deux (2) autres amis d’El hadj
Mamadou Diallo nous ont rejoints dans la
voiture. Et nous avons continué ensemble à Hamdallaye, mais El hadj Mamadou était toujours en
communication. Une fois à Hamdallaye, il m’a demandé de rester dans le véhicule et il
est descendu avec les autres pour aller chercher le vieux, nous étions 4
personnes sur les lieux.
Quand ils sont venus, El hadj Mamadou m’a dit
qu’on ne va plus à Entag parce que selon lui le guérisseur de son père a quitté
Entag. Donc, de les conduire à Sonfonia.
Et c’est là là-bas qu’on s’est séparés et moi je suis entré chez moi à
Mafeinyah. C’est après 10 jours qu’El hadj Mamadou Diallo et Ibro m’ont appelé
de venir les rejoindre à Maférinyah. Dans une case que moi-même avait loué pour
Ibro, qui m’avait dit auparavant que c’était pour son partenaire chinois. Donc
quand je suis venu j’ai vu le vieux, Elhadj Mamadou m’a demandé si je reconnais
le vieux? Je lui ai répondu en disant : mais c’est ton papa non ? Il m’a dit :
non, c’est un vieux que j’ai pris pour de l’argent. Mais il est mort. Donc je
n’ai pas pu dire un mot. Ils m’ont demandé de les aider pour l’enterrer. Et
c’est comme ça, que nous sommes partis enterrer le vieux la nuit au bord d’un
marigot. Nous étions au nombre de 5 personnes. Donc c’est à la gendarmerie que
j’ai su qu’El hadj Mamadou avait reçu une rançon de 100 milles dollars. Même
100 francs guinéens je n’ai pas reçus. C’est Elhadj Mamadou qui est à la base
de tout. »