Bras-de-fer Mali et CEDEAO: «vainqueur ou vaincu, tout le monde sentira»!

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  • 11 janvier 2022 13:27

  • Politique

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Si Maliens savaient, si CEDEAO pouvait! Ainsi peut se résumer, pour en emprunter à l’adage, le bras-de-fer entre la junte au pouvoir au Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) depuis le coup d’Etat du 18 août 2020 qui a déposé l’ancien chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keïta et provoqué la confiscation, par les militaires de Kati, de la révolution populaire des Maliens. Les hommes en kaki, pour échapper aux sanctions appliquées aux putschistes avaient, alors, accepté officiellement une transition de 6 mois devant déboucher sur des élections en février 2022, et à la clé, la restitution du pouvoir aux civils. Sauf que le colonel Assimi Goïta avait son calendrier personnel qu’il entendait dérouler jusqu’au bout. D’où son deuxième coup d’Etat, en mai 2021, contre la transition, pour demeurer seul maître à bord. Depuis lors, tout est allé selon la volonté du colonel putschiste qui, a trouvé l’astuce de mettre à profit la querelle entre la Russie et le reste de l’Occident, pour accomplir son dessein caché. Le Mali est ainsi devenu une arène pour les gladiateurs occidentaux qui y combattent, par junte interposée!

Le sentiment anti-français s’étant également présenté à lui sur un plateau d’or, Assimi Goïta s’en est servi comme atout de taille pour mettre dans sa poche, un peuple malien qui, malgré la présence de la France sur le terrain de la lutte contre le terrorisme, n’a pas arrêté de pleurer au quotidien ses nombreux morts d’attaques armées. Le redimensionnement de la force française Barkhane sera le prétexte de plus pour renforcer la «guerre» contre la présence de la France en terre malienne, alibi dont useront, et abuseront, Assimi Goïta et son gouvernement de la transition, pour continuer à jeter en pâture une France qui a le malheur de porter le péché originel d’ancienne puissance colonisatrice. Fort donc de cette légitimité populaire apparente, mais limitée à une partie du peuple qui fait plus de bruit que la majorité silencieuse, le patron de la transition fait feu de tout bois, encouragé par son partenariat avec la Russie, plus précisément avec Wagner, la société privée russe de sécurité.

Ce qui se joue au Mali, n’est rien d’autre que l’aspiration d’une junte militaire à s’éterniser au pouvoir contre la volonté d’une CEDEAO dont les dirigeants ne veulent plus entendre parler des putschs militaires. Certains de ceux qui nous dirigent sont de bonne foi, parce qu’un pays confronté ad vitam aeternam aux humeurs de la soldatesque, comme le Mali, n’aura jamais l’opportunité de s’assurer un développement durable et inclusif. Par contre, d’autres gouvernants, ceux qui sont à l’origine de la sortie des militaires de leur caserne pour arbitrer le jeu politique et mettre fin aux régimes de fer, ne pensent qu’à sauver leurs fauteuils menacés. Il importe donc que la CEDEAO, pour sa survie et sa crédibilité œuvre à devenir une véritable CEDEAO des peuples et non un instrument de défense des intérêts des chefs de l’Etat, membres de ce «syndicat». Et pour cela, il ne faut pas attendre les coups d’Eta pour prendre des sanctions qui, in fine, n’asphyxient que les peuples. Les coups d’Etat militaires sont, pour la plupart, les fruits des viols de la Constitution.

Les plus longues guerres finissant presque toutes autour de la table de négociation, pourquoi, pour le bonheur du peuple malien et même des populations de la sous-région, CEDEAO et Mali n’essaient-ils pas de trouver une solution qui ramènerait la durée de la transition, à des proportions vraiment raisonnables, des jurisprudences ayant existé en la matière sur le continent? A moins que cette proposition inacceptable et illogique de 5 ans de transition ne soit que subterfuge pour une junte malienne en quête de longévité au pouvoir.

En tout cas, les passagers au départ ou à destination du Mali, par les compagnies aériennes de la sous-région et d’Air France, tout comme les voyageurs par voie terrestre, subissent déjà les conséquences, ou plus exactement inconséquences, de la fermeture des frontières décidée par la CEDEAO et le Mali. Comme quoi, «vainqueur ou vaincu, tout le monde sentira», comme le disait un ancien footballeur, défenseur rugueux de son équipe à l’époque!

  Wakat Séra

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