Covid19 : Le rendez-vous des aigrefins (Enquête MIRADOR)

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  • 03 juin 2021 09:19

  • Société

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Depuis décembre 2019, la communauté scientifique mondiale tente d’enrayer la pandémie de Covid19 qui, partie de Wuhan, une ville chinoise, a fait des millions de morts, à travers la planète. Notre pays n’a pas pu échapper à ce mal commun, qui continue d’endeuiller de nombreuses familles, tout en portant un sérieux coup d’arrêt au secteur économique guinéen. La Covid19 aura été aussi une aubaine pour « bandits à col blanc », apprentis-sorciers de la médecine et autres charlatans. Se ruant comme des hyènes en curée sur la manne mobilisée dans le cadre de la riposte anti-Covid19. Une manne qui ne profite malheureusement pas à ceux qui ont la main dans le cambouis.

Ces petites mains, constituées de médecins, d’infirmiers et de techniciens de surface, en première ligne dans la riposte anti-Covid19, privées de leurs émoluments par une hiérarchie d’aigrefins, vivent chichement. Alors qu’ils se tuent à la tâche pour sauver des vies. Des héros de la lutte anti-Covid19, traités comme des moins que rien.

Personne ne pouvait parier sur les ravages de la pandémie de la Covid19, d’autant qu’elle est apparue dans une province chinoise en décembre 2019. Près de deux ans, après le Sars-cov-2 n’est toujours pas éradiqué malgré les efforts déployés dans ce sens ?  

En décembre 2019, le monde a été informé de la survenue de cas de COVID-19 dans la province de Wuhan (République Populaire de Chine). Depuis cette date, le nombre de cas enregistrés dans le monde ne cesse de croître. Ainsi l’état de pandémie a été déclaré par l’OMS le 11 mars 2020. Près de deux ans après, la pandémie a fait des millions de morts et plombé l’économie mondiale.

La Guinée, à l’instar des autres États, a dû concocter dans l’urgence un plan de riposte anti-covid19 du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). A combien s’élevaient les fonds à mobiliser pour le financement dette riposte ?  

Dans le cadre de la riposte, la Guinée avait initié un premier plan de contingence en deux phases, dont le premier portait sur la préparation de la riposte contre cette pandémie et la seconde axée sur la riposte dès l’apparition des premiers cas. Notons que la Guinée a enregistré son premier cas le 12 mars 2020. Un Projet de Préparation et de Réponse au COVID-19 par lequel le Gouvernement avec l’accord du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), s’est proposé d’utiliser une partie du Financement, jusqu’à un montant de 2 180 850 dollars US.

Il y a eu ensuite ce fameux Plan de riposte économique polémique, mis en place sous la gouverne du Premier ministre Dr Kassory Fofana, dont le montant s’élevait à près de 3 mille milliards GNF ?

Le 2 avril 2020, le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana signe à l’attention du Président de la République, un Plan de riposte économique à crise sanitaire Covid-19, comprenant un fonds de riposte COVID-19, pour un montant de plus de 2 500 milliards GNF, qui sera en partie abondé par une retenue de 500 GNF par litre de carburant, sur la nouvelle structure des prix, pour un montant de 405 milliards GNF. Mais aussi par une réaffectation de 100 milliards de GNF, à partir du budget du ministère chargé de la santé.

Tous ces milliards mobilisés ne profiteraient-ils en réalité qu’à des lobbies constitués autour du Plan de riposte, au grand dam des médecins, infirmiers et autres techniciens de surface qui sont pourtant en première ligne dans la riposte ?   

Sachez que le 28 avril 2021, et cela dans un strict souci de redevabilité, la coordination du collectif des impliqués dans la riposte contre la Covid-19 en Guinée, a transmis au Premier ministre son rapport d’activités et de paiements des primes exceptionnelles. Ce collectif est une organisation née de la volonté des acteurs (médecins, pharmaciens, infirmiers, ATS, biologistes, protection civile, etc.) intervenant dans la lutte contre la Covid-19 sur l’ensemble du territoire national guinéen.

La coordination ne s’était-elle pas aussi adressée à l’ANSS ?

Dans une note adressée à l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS), la coordination du bureau exécutif du collectif, qui est l’interlocutrice directe de l’ensemble des personnels impliqués dans la riposte se trouvant à Conakry et à l’intérieur du pays, a expliqué les contours de la mise en œuvre de ces primes exceptionnelles promises par le gouvernement guinéen dans son allocution du 23 juin 2020.

Il y a que la lettre du collectif annonçant des marches pacifiques, envoyée au PM Kassory était restée sans suite. N’est-ce pas la preuve d’un mépris pour ces héros engagés en première ligne dans cette riposte ?

La lettre explicative du 19 octobre 2020, adressée au Premier Ministre dans laquelle il lui avait été rappelé le dépôt d’une demande d’audience depuis le 21 septembre (n° d’enregistrement 2074) est restée sans suite.

Il faudra attendre novembre pour que débute le paiement des primes. A combien étaient estimées ces primes et quel est le nombre d’agents qui en a bénéficié ?

Le paiement des primes a commencé dans les sites de prise en charge des malades de Covid-19, le 11 novembre 2020.

Selon les chiffres fournis par l’ANSS et cités par la coordination du collectif, un effectif total de 3 491 agents a été répertorié et catégorisé. Sur la base d’allocation du montant de 5 millions GNF, la prime exceptionnelle par agent est de 1 million 432 mille GNF, soit environ 100 euros.

Concernant les CTEPI de l’intérieur du pays, un chiffre de 511 agents a été fourni par l’ANSS (15 % de l’effectif total), soit un montant global de 731 millions 752 mille GNF.

En tout, ce sont près de 3 milliards 500 millions GNF qui auraient été versés à près de 2 500 agents. Des chiffres fiables ?

Ces données ont été collectées sur le terrain via les points focaux du collectif des personnels impliqués dans la riposte contre la covid-19. Au total, 2 441 personnes ont bénéficié chacune de 1 million 432 mille GNF, soit un total 3 milliards 495 millions 512 mille GNF.

Sauf que le constat suscite inquiétudes. Parce que pour mettre à disposition les primes exceptionnelles conformément au montant débloqué par le gouvernement, une commission de gestion dudit fonds a été mise en place.

Comment l’ANSS a-t-il justifié l’écart de 1 000 personnes constaté entre le nombre d’agents annoncé et celui ayant bénéficié des primes, pour un écart qui s’élèverait à 1,43 milliards GNF ?

Il faut dire que des réunions de travail avaient défini les modalités de répartition et les bénéficiaires avaient été clairement définis. Au total, 3 491 agents avaient été déclarés éligibles par l’ANSS, sans oublier des omissions incontestables de 115 agents qui avaient été rapidement signalés.

Pour l’ANSS, chacun bénéficierait d’un montant de 1 milliard 432 millions GNF. Cependant, en plus des omissions, la coordination du collectif a notifié plusieurs manquements dont des retards de paiement, allant jusqu’à 3 mois dans certains sites ainsi qu’une différence, peut être intentionnelle, entre les chiffres annoncés par l’ANSS et le nombre de bénéficiaires sur le terrain. Soit un écart de 1 000 personnes dont la valeur de paiement s’élèverait à 1,43 milliards GNF.

Pour autant le collectif ne relâche pas la pression, tout en exigeant que les personnes omises soient payées elles aussi, n’est-ce pas ?

Au constat de l’exécution de la procédure de paiement de ces primes exceptionnelles au personnel impliqué dans la riposte contre la Covid-19, la coordination des professionnels concernés demande à l’ANSS : le paiement des personnes omises dans un bref délai et l’établissement d’un rapport financier détaillé des cinq milliards dédiés au payement des primes exceptionnelles.

Ce dossier est loin d’être clos car nos limiers tenteront de flairer d’éventuels cas de corruption et de fraude dans la mise en œuvre de la riposte. Après l’Ebola-Business, tout porte-à-croire qu’il y a aussi du Covid-Business, n’est-ce pas ?

Les accords pour la livraison de produits relatifs à la Réponse à la pandémie de COVID-19 sur financement du BND et des PTFS retiendront davantage l’attention de nos enquêteurs. Pour voir si, à la lumière de certains éléments, il était nécessaire de faire des plaidoyers pour un contrôle approfondi de leur mise en œuvre ou de l’utilisation des fonds fournis par les PTFs ou par le Gouvernement. Pour une éventuelle mise en évidence des actes de corruption, de fraude, de collusion ou de coercition et plaider en faveur des mesures à prendre par chaque partie.

Sans être exhaustif dès maintenant, cet exercice aura pour périmètre ce qui suit : le Projet de Préparation et de Réponse au COVID-19 par lequel le Gouvernement avec accord du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), se propose d’utiliser une partie du Financement, jusqu’à un montant de 2 millions 180 mille 850 dollars US.

 Il y a beaucoup à dire aussi sur le premier plan de contingence qui devait être mis en place avec l’appui de l’UNICEF. On en veut pour preuve la gestion des 300 000 tests antigéniques de diagnostic rapide, dont l’usage aurait pu permettre de prévenir le fort taux de contamination ?

Dans le cadre de ses efforts de la préparation, la Guinée avait initié un premier plan de contingence en deux phases dont la première portait sur la préparation de la riposte contre cette pandémie et la seconde axée sur la riposte dès l’apparition des premiers cas. L’objectif de ce projet était de réduire la chaîne de transmission de la pandémie avec pour stratégie un processus de dépistage massif suivi de la prise en charge des cas confirmés.

Malheureusement, Conakry et les régions intérieures ont été très touchés par la COVID-19. Alors, les 300 000 tests antigéniques de diagnostic rapide ont-ils subits un bon usage ?

 Les répondants pourraient être le ministère de la Santé, le Groupe de la Banque Mondiale, l’UNICEF et le Projet de préparation et de réponse à la COVID-19.

Qu’en est-il de ces contrats avec SOGUIPREM pour près de 39 milliards GNF, pour l’acquisition des médicaments ?

Le Contrat avec SOGUIPREM pour l’acquisition des médicaments, kits d’hygiène et kits de protection individuelle en faveur des centres de traitement épidémiologique (CETPI) pour un montant HT de GNF 38,9 milliards ou TTC NGF 52,6 milliards. Il s’agit d’un contrat de fourniture et installation des incinérateurs, de kits de protection et de consommables en faveur CT-EPI des structures sanitaires de Kindia, Labé, Faranah et Kankan. Là également les répondants doivent être le ministère de la Santé, SOGUIPREM (Société guinéenne d’importation et de distribution de médicaments génériques, de matériel et de réactif de laboratoire), le ministère de l’Économie et des Finances et l’unité de gestion du projet régional d’amélioration des systèmes de surveillance des maladies en Afrique de l’Ouest (REDISSE).

La Pâtisserie du 02 octobre a aussi pioché dans le magot, avec la location de ses tentes, à hauteur de plusieurs milliards ?

Le contrat de la Pâtisserie 2 octobre, pour la location de tentes et accessoires pour servir de sites de prise en charge des malades au Centre pénitencier de Conakry en faveur de l’urgence sanitaire de la pandémie du COVID-19 pour un montant HT GNF 1,77 milliard ainsi que le contrat de pâtisserie 2 octobre, pour la fourniture et l’installation de deux chapiteaux pour servir de site de prise en chargé des cas de COVID-19 à Kankan et à Boké pour montant HT GNF de 4,8 milliards. Les parties impliquées sont REDISSE, le ministère de la Santé, le MEF la Pâtisserie 2 octobre et le Groupe de la Banque Mondiale.

La gestion des fonds engagés dans la riposte contre cette pandémie donne lieu à d’autres interrogations, notamment pour ce qui concerne les contrats financés sur la base du BND. Quand on sait que du côté du département des finances, c’est motus et bouche cousue ?

Plusieurs rapports d’exécution des contrats COVID-19 sont disponibles au web site du MEF mais il serait utile de comparer les engagements dans les offres aux coûts d’exécution. Et surtout de s’interroger sur les contrats financés par le BND qui se font rare, sinon absent du site du MEF. D’où l’intérêt lié à la situation des marchés publics relatifs à la COVID-19 au bénéfice du ministère de la Santé.

Le Fmi a attendu en janvier 2021 pour annoncer des mesures destinées à relancer les économies des pays affectés par la pandémie. Est-ce que la Guinée a bénéficié de l’enveloppe consentie dans ce sens ?

Dès janvier 2021, le Fonds Monétaire Internationale a adopté des mesures de soutien budgétaire à hauteur de 14 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale, montant devant contribuer à sauver des vies et à doter les populations de moyens de subsistance. En vue d’atténuer les effets de la pandémie sur la consommation et la production. Parallèlement à la contraction de l’économie qui a entraîné une diminution des recettes, ce soutien s’est traduit par un creusement de la dette et des déficits publics.

Enquête MIRADOR

 

Commentaires (1)

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    SNOLDENUE 16 avril 2022 07:59

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