C’est comme si Christophe de Lycie, le Saint patron des voyageurs et
protecteur contre les accidents s’était retourné contre notre pays. Qui vient
d’enregistrer en 72 heures, une série d’accidents, impliquant un véhicule
administratif et des taxis brousses, dont le bilan frôle la trentaine de
morts. Ainsi que des dizaines de blessés,
dont certains dans un état critique. Face à cette dure loi des séries, le
gouvernement guinéen est accusé d’être allé avec des pieds de plomb, dans son
élan de compassion et de solidarité avec les victimes et leurs familles.
L’heure est grave, en ce sens que le drame de Kolaboui, localité située dans la
préfecture de Boké, est survenu à la suite à une collision entre l’un des
véhicules du convoi du ministre de la Sécurité et de la protection civile et un
taxi-brousse. Faisant sur place 11 morts.
Une collision entre un véhicule
administratif (VA) et un taxi-brousse, tous roulants à un train d’enfer, a
causé la mort de 11 personnes. A ce bilan macabre, se greffent des blessés,
dont certains se trouveraient dans un état critique. Ce drame survenu dans la
localité de Kolaboui ce lundi, implique le convoi du ministre de la Sécurité et
de la protection civile M. Bachir Diallo, qui se rendait à Boké, dans le cadre
de l’immersion gouvernementale dans le pays profond.
Cette tragédie s’est produite
dans la foulée d’un autre drame survenu samedi dernier sur le pont de Bady
Tondon, dans la préfecture de Dubréka. Où un taxi-brousse en provenance de la
préfecture de Télimélé est entré en collision avec un véhicule 4x4 en
provenance de Conakry. Là aussi le bilan est lourd, avec 9 morts et des blessés
graves.
Et c’est pendant que ces
accidents commençaient à cristalliser les inquiétudes dans la cité, que l’on a
appris avec stupéfaction ce troisième accident qui se serait produit dans la
matinée du lundi, dans la préfecture de Kankan. Cette fois-ci, c’est un camion
bondé de bagages et transportant des passagers qui se serait renversé dans un
ravin, dans la sous-préfecture de Balandou. Faisant sur le champ 5 morts et une
dizaine de blessés graves.
Le gouvernement qui avait essuyé
des critiqués pour son impassibilité suite à cette hécatombe routière, a fini
par se fendre d’un communiqué pour présenter ses condoléances aux familles
endeuillées.
Et à Kindia où il se trouvait
dans le cadre de tournée gouvernementale en province, le Premier ministre
aurait suspendu sa mission pour rallier les lieux du drame de Kolaboui.
Le même communiqué annonce la
mise en place d’un comité de crise placé sous la coordination du Premier
ministre, afin de tirer ces tragédies au clair.
Cette hécatombe vient réveiller
nos dirigeants de leur torpeur dans la lutte contre l’insécurité routière. Un
domaine qui n’a jamais été une priorité pour les gouvernements précédents.
Vivement que le déclic se produise enfin, pour que la question sécuritaire sur
nos routes soit inscrite parmi les défis prioritaires à relever par la
transition. Cela passera forcément par des mesures draconiennes dont
l’interdiction du transport mixte, l’institution de la visite technique
automobile, la limitation de la vitesse, entre autres. Pour que nos voiries
n’aient plus l’allure de coupe gorges.
Mamadou Dian Baldé