Éditorial : Acculé de toutes parts : le gouvernement guinéen, comme une poule face à un couteau

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  • 19 avril 2021 12:11

  • Politique

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Acculé de toutes parts, pour les graves violations des droits humains enregistrées en Guinée, en prélude au fameux projet de troisième mandat, le gouvernement guinéen est comme une poule face à un couteau. Ce serait se méprendre, que d’ignorer tous ces rapports qui épinglent les autorités guinéennes, dans la gestion des violences pré et postélectorales. On en veut pour preuve, cette inéligibilité de la Guinée au Millenium Challenge Corporation (MCC). Alors qu’on était à deux doigts de décrocher la timbale.

Après les rapports alarmants produits par des ONG ayant pignon sur rue, en matière de droits humains, à savoir Human Rights Watch, Amnesty International,  la FIDH, sur les violations des droits humains perpétrées en Guinée, durant ces dernières années, avec un fort accent sur l’épreuve de force autour du fameux troisième mandat, des députés européens viennent d’en mettre une couche.

Dans un réquisitoire assez sévère sur la situation des droits humains, dont la dégradation saute aux yeux, la trentaine d’eurodéputés a adressé récemment  une missive au Haut Représentant de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Missive dans laquelle ces eurodéputés interpellent Josep Borrel  sur tous ces morts enregistrés en marge du référendum controversé du 22 mars 2020. Ainsi que des centaines d’opposants et militants prodémocratie incarcérés dans des prisons guinéennes, dans des conditions qu’ils jugent déplorables. Un tableau sombre, synonyme de recul démocratique, d’après cette lettre des eurodéputés.

Ces députés ne comprennent surtout pas que tous ces cas de morts restent  impunis. De quoi enhardir les présumés auteurs de ces tueries, perpétrées la plupart lors des manifestations anti-troisième mandat. Sans oublier les autres cas de morts enregistrés depuis l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir en 2010.

Le régime de Conakry faisant dans la stratégie du déni et de la défausse. Malgré les alertes  des organisations de défense des droits humains, que sont Amnesty International, HRW et FIDH.

Les eurodéputés semblent plutôt plaider pour des sanctions contre les chantres du troisième mandat. Des personnalités qui seraient  détentrices de biens immobiliers et de comptes bancaires en Europe et y feraient régulièrement des déplacements, comme mentionné dans cette missive.

En plus des sanctions demandées, les eurodéputés  se posent  des questions sur l'Aide européenne aux pays où il y a un réel manque de démocratie, comme la Guinée.

Le souci étant  que ces énormes fonds ne tombent entre de mauvaises mains, comme celles de dirigeants  « d’institutions chargées de l'application de la loi, qui ne respectent pas le minimum de normes requises ».

Face à toutes ces charges graves, les autorités guinéennes font dans les contrefeux ou le déni. On se souvient encore du récent passage de Damantang Albert Camara dans Mirador, où il  qualifiait ces rapports de pas du tout « transparents, objectifs et impartiaux ».  

Tandis que son homologue de l’Information et de la Communication, Amara Somparé trouvait le rapport du Département d’État américain « bourré d’inexactitudes et d’approximations factuelles ».

N’empêche que la Guinée, au visa de tous ces rapports à charge, a fini par rater la marche devant mener à l’obtention du Millenium Challenge Corporation (MCC). Une sinécure qui aurait dû pourtant faire bénéficier à notre pays plus de 500 millions de dollars us.

Un échec qui met de l’eau au moulin de l’opposition, pour qui la facture de la mauvaise gouvernance se paie toujours très chère.

Mamadou Dian Baldé 

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