Acculé de toutes parts, pour les graves violations des droits humains
enregistrées en Guinée, en prélude au fameux projet de troisième mandat, le
gouvernement guinéen est comme une poule face à un couteau. Ce serait se
méprendre, que d’ignorer tous ces rapports qui épinglent les autorités
guinéennes, dans la gestion des violences pré et postélectorales. On en veut
pour preuve, cette inéligibilité de la Guinée au Millenium Challenge
Corporation (MCC). Alors qu’on était à deux doigts de décrocher la timbale.
Après les rapports alarmants produits
par des ONG ayant pignon sur rue, en matière de droits humains, à savoir Human
Rights Watch, Amnesty International, la
FIDH, sur les violations des droits humains perpétrées en Guinée, durant ces
dernières années, avec un fort accent sur l’épreuve de force autour du fameux
troisième mandat, des députés européens viennent d’en mettre une couche.
Dans un réquisitoire assez sévère
sur la situation des droits humains, dont la dégradation saute aux yeux, la
trentaine d’eurodéputés a adressé récemment une missive au Haut Représentant de l'Union
Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Missive
dans laquelle ces eurodéputés interpellent Josep Borrel sur tous ces morts enregistrés en marge du
référendum controversé du 22 mars 2020. Ainsi que des centaines d’opposants et
militants prodémocratie incarcérés dans des prisons guinéennes, dans des
conditions qu’ils jugent déplorables. Un tableau sombre, synonyme de recul
démocratique, d’après cette lettre des eurodéputés.
Ces députés ne comprennent surtout
pas que tous ces cas de morts restent
impunis. De quoi enhardir les présumés auteurs de ces tueries,
perpétrées la plupart lors des manifestations anti-troisième mandat. Sans
oublier les autres cas de morts enregistrés depuis l’avènement d’Alpha Condé au
pouvoir en 2010.
Le régime de Conakry faisant dans
la stratégie du déni et de la défausse. Malgré les alertes des organisations de défense des droits
humains, que sont Amnesty International, HRW et FIDH.
Les eurodéputés semblent plutôt
plaider pour des sanctions contre les chantres du troisième mandat. Des
personnalités qui seraient détentrices
de biens immobiliers et de comptes bancaires en Europe et y feraient
régulièrement des déplacements, comme mentionné dans cette missive.
En plus des sanctions demandées, les
eurodéputés se posent des questions sur l'Aide européenne aux pays
où il y a un réel manque de démocratie, comme la Guinée.
Le souci étant que ces énormes fonds ne tombent entre de
mauvaises mains, comme celles de dirigeants
« d’institutions chargées de l'application de la loi, qui ne
respectent pas le minimum de normes requises ».
Face à toutes ces charges graves,
les autorités guinéennes font dans les contrefeux ou le déni. On se souvient encore
du récent passage de Damantang Albert Camara dans Mirador, où il qualifiait
ces rapports de pas du tout « transparents, objectifs et impartiaux ».
Tandis que son homologue de
l’Information et de la Communication, Amara Somparé trouvait le rapport du Département
d’État américain « bourré d’inexactitudes et d’approximations factuelles ».
N’empêche que la Guinée, au visa
de tous ces rapports à charge, a fini par rater la marche devant mener à
l’obtention du Millenium Challenge Corporation (MCC). Une sinécure qui aurait
dû pourtant faire bénéficier à notre pays plus de 500 millions de dollars us.
Un échec qui met de l’eau au
moulin de l’opposition, pour qui la facture de la mauvaise gouvernance se paie
toujours très chère.
Mamadou Dian Baldé