Le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, M. Charles Wright a confirmé ce lundi, la mort par balles de l’adolescent Thierno Mamadou Diallo, lors des échauffourées survenues vendredi dernier, suite au mécontentement provoqué au sein de l’opinion, par le réajustement des prix des produits pétroliers à la pompe. Cette célérité avec laquelle le parquet général est en train de conduire cette enquête, en vue de faire la lumière sur ce crime, est une première dans un pays où l’impunité était érigée en norme de gouvernance. On pourrait donc dire sans risque d’être démenti, que l’affaire Thierno Mamadou Diallo constitue dorénavant un test grandeur nature pour l’appareil judiciaire guinéen, qui plus que jamais, est à l’épreuve de la gestion de l’ordre public.
La mort du jeune collégien, Thierno Mamadou Diallo, lors des
incidents survenus vendredi dernier, le long de l’autoroute le Prince, entre
manifestants et forces de l’ordre, continue de défrayer la chronique dans la
cité. Contrairement aux assassinats de manifestants qui étaient classées en
cold case, sous les régimes défunts, les autorités de la transition veulent sortir
des sentiers battus. D’où cette prédisposition à diligenter une enquête
judiciaire autour de la mort par balles de ce collégien.
Le parquet général, très réceptif à ce challenge consistant
à rompre avec l’impunité des auteurs de crimes dans le cadre du maintien
d’ordre des manifestants de rue, est sur les dents.
M. Charles Wright qui se trouve en première ligne de ce
combat contre les dingues de la gâchette, a levé d’ailleurs un coin du voile
sur les résultats de l’autopsie médico-légale. C’était ce lundi à la faveur
d’une conférence de presse. Une opportunité saisie par le procureur général
pour confirmer le décès de la victime des suites d’un ‘’traumatisme d’origine
balistique’’. Cela ne fait donc l’ombre d’aucun doute que Thierno Mamadou
Diallo a reçu des balles, qui ont entraîné sa mort, lors de cette manifestation
contre la hausse des prix des carburants à la pompe. Le procureur qui fait
preuve d’une témérité, exige que la police joue sa partition, afin d’identifier
le ou les auteurs de ces tirs.
Une démarche à saluer avec déférence. Quand on sait que les
crimes de sang n’ont jamais été élucidés dans notre pays. Où pour protéger les
auteurs de ces assassinats, le gouvernement Alpha Condé faisait preuve
d’impudence, en rejetant la responsabilité des crimes sur les opposants.
« Bon droit a besoin d’aide », nous apprend l’adage. Comme
pour dire que le procureur général mérite respect et encouragement de la part
de l’opinion. Au lieu d’être la cible de quolibets.
Mamadou Dian Baldé