Éditorial : La justice à l’épreuve de la gestion de l’ordre public

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  • 07 juin 2022 11:12

  • Justice

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Le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry, M. Charles Wright a confirmé ce lundi, la mort par balles de l’adolescent Thierno Mamadou Diallo, lors des échauffourées survenues vendredi dernier, suite au mécontentement provoqué au sein de l’opinion, par le réajustement des prix des produits pétroliers à la pompe. Cette célérité avec laquelle le parquet général est en train de conduire cette enquête, en vue de faire la lumière sur ce crime, est une première dans un pays où l’impunité était érigée en norme de gouvernance. On pourrait donc dire sans risque d’être démenti, que l’affaire Thierno Mamadou Diallo constitue dorénavant un test grandeur nature pour l’appareil judiciaire guinéen, qui plus que jamais, est à l’épreuve de la gestion de l’ordre public.

La mort du jeune collégien, Thierno Mamadou Diallo, lors des incidents survenus vendredi dernier, le long de l’autoroute le Prince, entre manifestants et forces de l’ordre, continue de défrayer la chronique dans la cité. Contrairement aux assassinats de manifestants qui étaient classées en cold case, sous les régimes défunts, les autorités de la transition veulent sortir des sentiers battus. D’où cette prédisposition à diligenter une enquête judiciaire autour de la mort par balles de ce collégien.

Le parquet général, très réceptif à ce challenge consistant à rompre avec l’impunité des auteurs de crimes dans le cadre du maintien d’ordre des manifestants de rue, est sur les dents.

M. Charles Wright qui se trouve en première ligne de ce combat contre les dingues de la gâchette, a levé d’ailleurs un coin du voile sur les résultats de l’autopsie médico-légale. C’était ce lundi à la faveur d’une conférence de presse. Une opportunité saisie par le procureur général pour confirmer le décès de la victime des suites d’un ‘’traumatisme d’origine balistique’’. Cela ne fait donc l’ombre d’aucun doute que Thierno Mamadou Diallo a reçu des balles, qui ont entraîné sa mort, lors de cette manifestation contre la hausse des prix des carburants à la pompe. Le procureur qui fait preuve d’une témérité, exige que la police joue sa partition, afin d’identifier le ou les auteurs de ces tirs.

Une démarche à saluer avec déférence. Quand on sait que les crimes de sang n’ont jamais été élucidés dans notre pays. Où pour protéger les auteurs de ces assassinats, le gouvernement Alpha Condé faisait preuve d’impudence, en rejetant la responsabilité des crimes sur les opposants.

« Bon droit a besoin d’aide », nous apprend l’adage. Comme pour dire que le procureur général mérite respect et encouragement de la part de l’opinion. Au lieu d’être la cible de quolibets.

Mamadou Dian Baldé

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