A moins de 72 heures de la date fatidique, l’inter-coalition, formée par l’ANAD, le FNDC politique, le FFP et le RPG-AEC et Alliés a décidé de sortir du bois, pour porter à bout de bras le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) dissous. Ce soutien pourrait sans doute apporter de l’oxygène à ce mouvement hétéroclite, qui entend ainsi garder la tête hors de l’eau, malgré sa périlleuse traversée du désert. L’inter-coalition qui en a gros sur le cœur contre la junte, qu’elle accuse de la snober, dans la gestion de la transition, pourrait ainsi en découdre avec elle, par procuration.
Après des moments d’atermoiement, qui avaient commencé à
créer le doute dans la tête de certains observateurs du landerneau,
l’inter-coalition constituée de l’ANAD, le FNDC politique, le FFP et le RPG-AEC
et Alliés a fini par se faire voix. En réitérant son indéfectible soutien au
Fndc dissous, dans son bras de fer avec le gouvernement de transition. Ceci
dans la perspective de la manifestation prévue pour ce 16 février.
Dans la déclaration publiée à cet effet, l’inter-coalition
dit ‘’partager entièrement les revendications contenues dans le mot d’ordre du
FNDC notamment la restauration des libertés de réunion et de manifestation,
l’arrêt des harcèlements judiciaires contre les leaders politiques et les
acteurs de la société civile, l’ouverture d’un dialogue politique inclusif et
crédible sous l’égide de la CEDEAO.’’
Par conséquent, l’inter-coalition ‘’encourage les citoyens
guinéens à se mobiliser massivement pour défendre leurs droits et libertés en
participant à la manifestation pacifique du FNDC.’’
Cette déclaration laconique, datée du 12 février, a la
particularité de ne comporter aucune signature. On croirait à un tract. Même
s’il s’agit bel et bien d’une déclaration de l’inter-coalition.
Ces formations politiques auraient simplement peur d’assumer
leur démarche, de peur de subir le courroux des autorités respectives. Qui
feraient planer sur elles, l’épouvantail d’une suspension en cas de soutien à
un mouvement dissous.
Ces leaders savent ce qu’en vaut l’aune, étant pour la
plupart sous contrôle judiciaire. Chat échaudé craint l’eau froide, nous
apprend l’adage.
Il faudrait donc se garder de pousser mémé dans les orties.
Surtout que les manifestations politiques sont interdites par la junte. Même si
cette mesure relève d’une démarche liberticide.
En tout état de cause, après avoir résisté à toutes les
objurgations, le Fndc n’entend pas faire machine arrière. A cette allure, il ne
nous reste plus qu’à attendre la soirée du 16 février, pour dresser le bilan de
cette manifestation du Front. Dont elle ne cesse de nous rebattre les oreilles,
à grands renforts de propagande.
En faisant miroiter une mobilisation jamais égalée. Avec la
promesse de lever une armée de 1 million de manifestants. Ce que les
détracteurs du mouvement dissous qualifient de simple chimère voire de combat
d’arrière-garde. Rendez-vous donc le 16 février pour départager les deux camps
antagonistes.
Mamadou Dian Diallo