Minée par une crise qui a éclaté au sein de ses actionnaires, la
Société des Bauxites de Guinée (SBG) veut trouver une voie pour relancer ses
activités.
Selon nos sources, le très réputé
Ernest & Young, un cabinet d’experts reconnu dans le domaine de l’audit et
qui offre divers services dans le milieu des affaires, aurait été désigné comme « conciliateur » par le
ministère des Mines pour rapprocher les positions des deux groupes en conflit
pour le contrôle de la société. Mais aucune source du ministère des Mines n’a
ni confirmé, ni infirmé l’information.
Pour la petite histoire, les
Emiratis de Marine Contracting & Infrastructures (MCI) et ses alliés, ainsi
que le groupe soutenant les actions de MetalCorp (filiale de Monaco Resources)
sont en conflit ouvert dans le cadre du business où les premiers ont déjà
attaqué les seconds en justice.
Toujours d’après nos sources, le
« conciliateur en chef » serait Réné Marie Kadouno, un responsable connu
d’Ernest & Young.
Depuis plusieurs semaines, MCI
(du groupe Ghantoot, Emirats arabes unis) exige le paiement de plus de 17
millions de dollars USD investis dans le cadre du projet, sans résultat
probant.
Les différents tiraillements ont
abouti à des jugements qui ont permis à la société émiratie de prendre le
contrôle du port de Konta (dans la préfecture de Forécariah, à environ 100 km
de Conakry), mais le conflit demeure toujours latent.
Certaines sources parlent de
possibilité d’augmentation du capital de la société comme « solution », mais
cette option est perçue par certains actionnaires comme une tentative de
dilution de l’actionnariat minoritaire qui, à terme, pourrait être
quasi-inexistant.
« Gonfler artificiellement le
capital social de la société SBG SA n’est pas la solution, car il ne s’agira
que d’une augmentation de capital par compensation de créances inscrites en
compte courant associé dont ni la substance, ni la quotité ne peuvent être
attestée à ce jour dans les comptes par le commissaire aux comptes », a fait
remarquer un actionnaire de la société qui s’est adressé à WESTAF MINING.
Le plan d’exploitation initial de
la SBG prévoyait l’horizon 2022 pour les premières exportations, avec une
production annuelle de 8 millions de tonnes de bauxite, dont 3 millions de
tonnes, destinées à l’exportation.
Les 5 millions de tonnes devaient
être transformées sur place dans une raffinerie d’alumine, dont la construction
est envisagée à terme.
L’ensemble de l’investissement
(mine et raffinerie) devait avoisiner environ 1,4 milliards USD. Les réserves
prouvées de la SBG sont estimées à 300 millions de tonnes de bauxite.
La Société des Bauxite de Guinée
S.A. (SBG S.A) est une société de droit guinéen, immatriculée au Registre du
commerce sous le N° 021.666A/2008.
En 2015, son capital était
contrôlé par P Pals Holding (78,5%), SOGICO SARL (18,5%), la SOGUIPAMI (3%),
mais depuis 2019 elle est en joint-venture avec MCI, du groupe Ghantoot, avec
50% de parts sociales pour les Emiratis, selon MCI.
La balle est donc dans le camp du
« conciliateur » dont la mission s’annonce délicate.
Source: Westaf Mining