Depuis sa prise de pouvoir le 05 septembre, le conseil national du rassemblement pour le développement (CNRD) se démène comme un beau diable pour maintenir le cap, après l’éviction du leader historique du RPG, du vaisseau. Conscient que c’est sur leurs épaules que reposent dorénavant la lourde responsabilité de conduire les destinées de notre pays, durant cette période d’interrègne, le colonel Doumbouya et son équipe sont tenus d’aller au charbon. Dans cette course contre la montre, le CNRD mène de front la formation du gouvernement de transition, le nettoyage des écuries d’Augias, la mise au pas d’une armée dont la réforme à marche forcée a laissé un goût d’inachevé.
Remettre d’aplomb un édifice sans une véritable fondation,
voilà le défi auquel la junte est confrontée. L’immensité du chantier fait même
penser à un supplice de tantale.
Mais comme nous enseigne l’adage, « à cœur vaillant rien
d’impossible ».
Et le colonel Mamadi Doumbouya qui a du courage à revendre,
a bien de l’étoffe pour relever ces défis herculéens. Des défis qui ont pour
noms : la formation d’un gouvernement de transition, la mise en place d’un
conseil national de transition (CNT), pour baliser l’adoption d’une nouvelle
constitution. Censée servir de fil conducteur à la tenue des différentes
élections.
Sans oublier la moralisation de l’administration publique et
la mise au pas de l’armée. Dont la réforme menée à coût de milliards par Alpha
Condé, avec l’onction des Nations Unies, a laissé un goût d’inachevé.
L’entrée en piste du colonel donne déjà de l’assurance sur
sa capacité de réussir ce coup de billard à quatre bandes. Même ceux qui ont le
scepticisme chevillé au corps, sont d’un a priori favorable au chef d’État.
L’effet Doumbouya commence d’ailleurs à servir d’adjuvant
aux institutions, qui se remettent de leur sclérose, à une vitesse grand V. Qui
l’eut cru ? Même Dame Thémis, qui avait perdu ses réflexes, durant des
décennies, semble se remettre.
On peut dire sans risque de se tromper que tout va bien dans
le meilleur des mondes.
Cette impression d’avion sans pilote, que donnait
l’atmosphère de fin de règne du président déchu, n’est plus qu’un lointain
souvenir.
Il faut s’attendre à ce que le reste du casting
gouvernemental soit dévoilé à une cadence soutenue. Une fois que le
gouvernement sera mis au travail, la mise en place du CNT pourra suivre, dans
la foulée. Ces deux entités qui constituent les leviers d’action du CNRD, sont
indispensables pour mener le navire à bon port.
Mamadou Dian Baldé