Le Parquet général près la Cour d'Appel de Conakry prend très au sérieux la sortie du département d'Etat américain relative aux faits présumés de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme dans lesquels sont cités des hommes d'affaires guinéens d'origine libanaise. Le procureur général, Alphonse Charles Wright, annonce l’ouverture d’une information judiciaire pour élucider cette affaire.
C’est à travers un communiqué rendu public ce lundi, 7 mars
2022, que le Procureur général annonce l’ouverture d’informations judiciaires sans
délai contre Ibrahima Taher et Ali Sadde, accusés d'être des financiers du
Hezbollah. En effet, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du
département américain du Trésor a désigné ces deux opérateurs économiques d’être
des financiers clés du Hezbollah opérant en Guinée.
Pour Alphonse Charles Wright, ce dossier mérite d’être
élucidé. C’est pour cette raison que le Procureur général dit avoir pris l'initiative
d'ouvrir une information judiciaire sans délai sur ces faits.
Par ailleurs, le magistrat a annoncé avoir réveillé le
dossier de détournements présumés à l’Office guinéen de Publicité (OGP) et à l’Office
guinéen des chargeurs (OGC). Paul Moussa
Diawara et Inza Bayo (deux anciens responsables de l’OGP) ; Sékou Camara
et Mamadou Saliou Barry (anciens dirigeants de l’OGC), verront leurs dossiers
transférés à la Cour de répression des infractions économiques et financières
(CRIEF). C’est ce qu’a annoncé Alphonse Charles Wright.
Ces quatre cadres qui ont géré ces régies financières de l’Etat
sous le règne Alpha Condé sont poursuivis pour des faits présumés de
détournement de deniers publics et de complicité portant sur des dizaines de
milliards de francs guinéens. Les deux affaires étaient en cours d'examen à la
Cour d'Appel de Conakry qui se trouve désormais dessaisie, apprend-on.
Sékou Diatéya Camara