Les derniers secrets d’Alpha Condé, un an après le coup d'Etat qui l'a renversé !

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  • 30 août 2022 10:15

  • Politique

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Renversé le 5 septembre 2021, installé à Istanbul depuis le 21 mai dernier, l’ancien chef de l’État guinéen a mis à profit l’année écoulée pour se livrer à une introspection, nouvelle chez lui.

« Installé à Istanbul depuis le 21 mai, tout d’abord dans une suite du Conrad Hilton, puis dans une villa mise à sa disposition par des amis turcs avec la bénédiction du président Erdogan qui l’a placé sous discrète protection policière, Alpha Condé est exactement dans les mêmes dispositions d’esprit que le jour de sa chute », rapporte le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Jeune Afrique . Selon François Soudan,  l’ancien président guinéen poursuit sa convalescence, les deux opérations subies début 2022 à Abou Dhabi ayant laissé des traces sur sa carcasse d’octogénaire. Cependant, précise le confrère, son état physique a manifestement peu à voir avec les confidences alarmistes de son ancien médecin personnel, le docteur Kaba, qui lui donnait six mois à vivre et en avait persuadé le colonel Doumbouya. Suffisamment valide en tout cas pour une heure de marche quotidienne sur la plage, l’ex-président passe ses journées à lire, à peaufiner son bilan et à s’entretenir au téléphone avec des amis dont le cercle, inévitablement, s’est restreint. Si on ignore les détails du ‘’deal’’ convenu entre Mamadi Doumbouya et les autorités turques le concernant, l’hypothèse la plus probable étant qu’il s’agit d’un exil sans perspective de retour,  selon le confrère, il est clair qu’Alpha Condé fait tout pour ne pas embarrasser ces dernières : aucune déclaration, aucun contact avec les médias et aucune visite susceptible d’être mal interprétée. Ce qui ne l’empêche nullement de se tenir informé de tout, et de tout ce qui touche à la Guinée en particulier, avec une avidité qui ne se dément pas.

Le cercle d’amis et de chefs d’Etat fidèles

Régulièrement, indique l’hebdomadaire panafricain,  des chefs d’État dont Alpha Condé  est resté proche – Denis Sassou Nguesso, João Lourenço, Yoweri Museveni, Faure Gnassingbé… – prennent, directement ou non, de ses nouvelles, tout comme des personnalités avec lesquelles il a étroitement travaillé, comme Paulo Gomes, Carlos Lopes, Vera Songwe, Don Mello, et quelques autres. À l’instar du président de la BAD, Akinwumi Adesina, qui lui a rendu un hommage remarqué en marge des Assemblées de la Banque en mai (« j’ai une très haute appréciation de lui, c’est quelqu’un dont l’Afrique peut être fière »), les amis étrangers d’Alpha Condé usent du même mot pour qualifier le départ forcé du pouvoir d’un homme tout proche à leurs yeux de faire décoller l’économie guinéenne : « a waste », « un gâchis ».

Les trois erreurs commises par Alpha Condé

Peu porté sur l’autocritique, explique JA,  ‘’le Professeur’’ a tout de même mis à profit l’année écoulée pour se livrer à une introspection, nouvelle chez lui : quelles erreurs a-t-il commises pour qu’on en arrive là ? Il s’en reconnaît trois : la première est de s’être toujours comporté en président de la FEANF, célèbre syndicat étudiant des années 1960 et 1970, plus qu’en chef d’État. Une attitude ‘’cash’’, dont la désinvolture apparente a froissé certains de ses pairs.

La deuxième, poursuit  Jeune Afrique, est d’avoir brusquement changé, quelques mois avant le putsch, ses numéros de téléphones portables auxquels une bonne moitié des Guinéens avaient fini par avoir accès. Cela l’a coupé de précieuses sources d’information qui, il en est persuadé, l’auraient averti de ce qui se tramait contre lui. Le journal révèle que le chef d’antenne de la DGSE à l’ambassade de France à Conakry, conscient de cette lacune, lui avait conseillé de rapatrier à la présidence les services de la Direction générale du renseignement intérieur et de la placer sous son autorité directe. Alpha Condé regrette, a posteriori, de ne pas l’avoir écouté.

La troisième erreur enfin – et la plus sérieuse – est de ne s’être jamais réellement préoccupé de sa propre sécurité, estime  JA. Ajoutant  qu’Alpha Condé  croyait l’armée, réformée sous la houlette du général français Bruno Clément-Bollée, désormais républicaine et débarrassée de ses démons putschistes, au point de juger impossible l’hypothèse d’un coup d’État. Le seul officier supérieur dont il s’est vraiment méfié à la fin de son second mandat est Aboubacar Sidiki Camara, alias « Idi Amin », dont il avait fait un général quatre étoiles peu après son arrivée au pouvoir, s’attirant au passage les reproches de certains de ses pairs experts en la matière (Blaise Compaoré et Denis Sassou Nguesso, notamment), pour qui un gendarme ne saurait être le chef le plus étoilé d’une armée.

Selon François Soudan,  Alpha Condé avait fini par percevoir l’ambition prégnante de ce saint-cyrien, directeur de cabinet du ministre de la Défense, Mohamed Diané, et lorsqu’un jour de 2019 l’attaché militaire à l’ambassade de France est venu lui dire qu’« Idi Amin » faisait tout pour bloquer les réformes lancées par Clément-Bollée, sa décision ne s’est pas fait attendre : il l’a expédié comme ambassadeur le plus loin possible, à Cuba, sans même le recevoir avant son départ, sourd à la requête du général qui souhaitait être affecté dans un pays moins anecdotique. Plus loin, le journal indique que cette version est bien différente de celle donnée par Aboubacar Sidiki Camara, devenu ministre de la Défense après le putsch du 5 septembre.

A JA, ce dernier raconte que  c’est à la suite d’une conversation avec le président au cours de laquelle il lui aurait déconseillé de briguer un troisième mandat que celui-ci l’aurait limogé de son poste. Une version démentie par Alpha Condé lui-même et son entourage proche, selon qui cet entretien n’a jamais eu lieu. Nul, il est vrai, à moins de basculer ouvertement dans l’opposition, n’osait alors contredire « le professeur » sur ce point. Ce qui n’empêchait pas certains généraux de juger l’opération troisième mandat ingérable. Le chef d’état-major, le général Namory Traoré, qu’Alpha Condé considère aujourd’hui comme un traître pour s’être rallié au colonel Doumbouya le 5 septembre, était-il de ceux-là ? C’est probable. »

‘’ Le CV de Doumbouya ne m’a jamais été soumis ; si j’avais su que c’était un ancien légionnaire français, je ne l’aurais jamais choisi ‘’

Jeune Afrique révèle que « l’épisode le plus controversé des rapports entre l’ancien président et son armée concerne ses relations présumées avec son futur tombeur, Mamadi Doumbouya. Si le colonel a affirmé avoir été reçu par Alpha Condé à deux reprises entre 2012 et 2020, ce qui n’aurait en soi rien d’étonnant au regard de l’habitude qu’avait prise ce dernier de contacter directement les officiers sans en avertir leur hiérarchie, l’ex-chef de l’État a affirmé à ses proches n’avoir conservé aucun souvenir de ces audiences.

Mieux, à l’entendre, ce n’est pas lui qui l’a nommé à la tête des Forces spéciales, une unité d’élite censée être déployée à la frontière avec le Mali pour protéger la Guinée des infiltrations d’éléments jihadistes, mais qui, en réalité, n’a jamais quitté son cantonnement de Kaleya, à 130 kilomètres de Conakry. « Le CV de Doumbouya ne m’a jamais été soumis ; si j’avais su que c’était un ancien légionnaire français, je ne l’aurais jamais choisi », confiait-il récemment à un visiteur.

 Selon le Magazine, ce ne serait pas  Alpha Condé non plus, mais un groupe de pression composé du Premier ministre Kassory Fofana, du ministre de la Défense Mohamed Diané, de son conseiller spécial Tibou Kamara et du général Namory Traoré, qui serait à l’origine de l’utilisation des Forces spéciales au cours de l’année 2019 pour mater la mutinerie de Kindia et réprimer le soulèvement de Ratoma.

Gilles Mory C

Commentaires (3)

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    Cissé Imourana 31 août 2022 16:00

    La Guinée vie du courage de sa population sinon pourquoi toujours ce perpétuel commencement vivons le retour en grâce de feu sekou touré.

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    Lansana Iba Camara m 30 août 2022 17:23

    La vérité finira par triompher, regardons vivant.

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    Lansana Iba Camara m 30 août 2022 17:23

    La vérité finira par triompher, regardons vivant.

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