Non au viol (Éditorial par Diaraye Guirassy)

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  • 08 mars 2021 13:35

  • Edito

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La célébration de la Fête Internationale de la Femme ce 08 mars, doit être une occasion pour les Guinéennes de s’ériger contre la culture du viol qui prend de l’ampleur dans notre pays. Les pesanteurs socioculturelles et l’impunité faisant de la Guinée un terreau fertile pour les violeurs. Même les bébés ne sont pas épargnés par ces criminels.

Les statistiques enregistrées par l’Office de protection du genre de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), font froid dans le dos. Tenez en 2019, la Guinée a enregistré 399 cas de viols.  Et durant le premier semestre de l’année 2020, le nombre de cas de violences sexuelles est de 148. Le bilan est non exhaustif. Sachant que le nombre de cas de viols non déclarés reste le plus élevé au sein de notre société, où le phénomène demeure un tabou.

Ces cas sont le plus souvent perpétrés par des proches parents de la victime, rapporte également l’OPROGEM. Ce qui prouve en toute évidence que dans la majorité des cas de viols connus, le violeur élabore d’abord son plan, choisit soigneusement sa cible et ensuite procède à l’acte. Pourtant, le nouveau code pénal guinéen en son article 268, condamne et punit le viol à la réclusion criminelle, allant de 10 à 20 ans lorsqu’il est commis sur mineures.

Malgré l’existence de ces dispositions, le phénomène persiste, et les prédateurs sexuels ne désarment pas

Cela est dû au fait que certains violeurs une fois devant la justice, sont libérés en complicité avec certains magistrats véreux soulignent des ONG de défense des droits de la femme et de la jeune fille. Pire, certaines familles désistent pour des raisons familiales ou encore la lenteur accusée dans le processus judiciaire.

Cette lenteur fait que beaucoup de dossiers de viols restent encore abandonnés dans les tiroirs de la justice guinéenne, sans suite. Les questions qu’il faille se poser, est de savoir, pourquoi ce phénomène gagne-t-il le terrain en Guinée ? Est-ce que le viol résulterait-il du comportement de la victime ? Dans la plupart des cas, pour étouffer les affaires de viols, le présumé  violeur plaide la démence. De même, le viol constitue le seul crime ou délit pour lequel l’on soupçonne à priori la personne qui s’en déclare victime, comme coupable.

Ce mythe est encore tenace, puisque les misogynes vont jusqu’à pointer du doigt l’habillement et la conduite de la jeune fille, au lieu de blâmer les hommes qui ont du mal à contrôler leur pulsion sexuelle. S’il est vrai comme les défenseurs de cette thèse le prétendent,  l’habillement et la conduite aguicheuse  consisteraient à réveiller les pulsions chez les violeurs, comment une fillette de quelques mois, en  couches, pourrait-elle être la cible d’un violeur ? Pensez-vous qu’elle, comme toutes celles qui se tordent des séquelles du viol l’ont bien cherché comme le prétendent ces gens au sein de notre société ?

Une chose reste claire, tous ces préjugés poussent les éventuelles victimes à ne jamais dévoiler leur mésaventure à plus forte raison  saisir les juridictions du pays, en cas d’agressions. Aujourd’hui, certes, la lutte contre ce tort infliger à la jeune fille connait des avancées avec l’implication des ONG de défenses des droits des filles et femmes ainsi que celle des autorités à travers l’Office de protection du genre de l’enfance et des mœurs OPROGEM.

 

Mais des défis en matière de lutte contre la culture du viol restent encore à relever. C’est pourquoi, il est impératif que chacun prenne ses responsabilités pour que de telles pratiques cessent dans le pays. Cela doit passe nécessairement par l’implication des familles. Par un  renforcement accru de  la vigilance dans la surveillance des enfants.  Mais tous ces garde-fous ne peuvent prospérer si l’Etat ne joue pas sa partition, dans le durcissement des mesures coercitives contre le viol. Car, comme le dit un proverbe espagnole, « Qui en violente une, en violente cent » !

Diaraye Guirassy

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