Le règne du président déchu aura eu un goût d’une tragédie grecque. Cependant, l’avènement de la junte militaire constitue une lueur d’espoir dans la grisaille politique. Pour taper dans l’œil de l’opinion, le CNRD vient d’envoyer quelques signaux forts, dont la libération des militants pro-démocratie, la suppression des Postes armés (PA) le long de l’axe le « Prince » et la réouverture des locaux de l’Union des forces démocratiques de guinée (UFDG), principale formation politique de l’opposition. Tutti quanti.
Une nouvelle ère souffle dorénavant sur la Guinée. Après le
règne du leader du RPG, qui ne fut guère un long fleuve tranquille pour le
peuple, le moment est venu d’ouvrir une parenthèse enchantée.
Près de 72 heures après le putsch, les Guinéens continuent
de célébrer la chute du régime d’Alpha Condé.
Par des manifestations de rue, dont la dernière a été enregistrée ce
mardi à Kankan, fief historique du RPG. Tout un symbole.
Ce coup de pied de l’âne est la preuve palpable que le
malaise provoqué par la gouvernance au fil de l’eau était général.
Il tombe sous le sens que cette chute du régime a été
provoquée par un appel d’air ouvert par les turpitudes du pouvoir. Un pouvoir
dont l’autisme aura entraîné finalement son déclin. Car l’attrait du pouvoir et
de ses avantages avait pris le pas sur le bien-être de la population. Bien des
gens pensent que le pays était entre les mains d’une caste de prébendiers. Il
faut oser le dire.
C’est pour sortir des sentiers battus que la junte dit avoir
perpétré ce coup de force salvateur. Dénonçant par le menu les dérives
autocratiques et la corruption à outrance.
A peine porté au pinacle, que les premiers pas du Cnrd
commencent déjà à rassurer une bonne frange de l’opinion. A travers des signaux
envoyés au peuple, avec l’élargissement des détenus politiques qui
croupissaient dans des geôles du pays pour s’être opposés au troisième mandat.
Sans oublier la suppression des postes armés (PA) et la réouverture des locaux
de l’Ufdg, ainsi que des frontières terrestres.
La cerise sur le gâteau est la formation du futur Gouvernement
d’union nationale (GUN). En attendant d’en connaître le casting, des
consultations sont annoncées avec les acteurs politiques et la société civile
dans les meilleurs délais.
La junte se garde aussi de toute chasse aux sorcières. Afin
d’éviter que des procès en sorcellerie ne déclenche une « paranoïa
révolutionnaire ».
De quoi ramener la sérénité dans la cité, et permettre à
l’effet psychologique du putsch de s’estomper.
Mamadou Dian Baldé