Union Européenne : la main de fer dans un gant de velours

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  • 17 mai 2021 10:02

  • Politique

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L’Union Européenne a décidé finalement de changer de pied dans son approche des interminables  crises guinéennes. Si jusque-là elle se cantonnait juste à faire des recommandations aux parties prenantes à ces convulsions, l’Union européenne entend dorénavant revêtir une main de fer dans un gant de velours.

Le signal d’alarme lancé récemment par une trentaine d’eurodéputés, demandant une réponse forte à l’encontre du régime de Conakry, pour les dérives constatées en matière de droits humains, commence à porter ses fruits. Si l’on s’en tient en cout cas à la réaction   de Josep Borrel Fontelles, Haut représentant et vice-président de la Commission européenne à la requête de ces députés européens.

Celui-ci a, en effet réagi de but en blanc, en se montrant solidaire à la démarche.  Josep Borrel a saisi cette opportunité pour réitérer les préoccupations de l'Union européenne sur la situation des droits de l’homme en Guinée.

Rappelant au passage le contenu de la déclaration du 20 mars 2020, dans laquelle l'UE avait mis en garde contre « le contexte de polarisation extrême entourant le double scrutin du 22 mars 2020 », qui n’était pas du tout favorable   à « l'organisation d'un scrutin sérieux et pacifique, dont le résultat pourrait être accepté par tous ».  Le Haut représentant et vice-président de la Commission européenne a dans la même foulée les tares congénitales dont souffre notre assemblée nationale, découlant d’un scrutin non inclusif et non consensuel.  Idem pour la présidentielle du 18 octobre 2020, qui ne fut également qu’un piège-à-cons. Dans ce réquisitoire au vitriol, Josep déplore que toutes ces élections se soient soldées par des violences inouïes, avec à la clé des victimes. Sans occulter le fait que son institution attend toujours que des enquêtes sérieuses et impartiales soient menées, afin de dénicher les auteurs de ces crimes.

Mais en attendant d’avoir une réponse concrète de la part du pouvoir de Conakry, Borrel n’a pas manqué de rappeler que  la tenue du procès des auteurs du massacre du 28 septembre 2009, tenait l'UE à cœur. A preuve, cinq personnes impliquées dans ce massacre, qualifié de « crime contre l'humanité, font l'objet d'un régime de sanctions individuelles de l'UE (interdiction de voyager sur le territoire des États membres de l'UE et gel des avoirs qui y sont détenus). Et que le renouvellement de ce régime de sanctions sera examiné en septembre 2021 ». Pour finir, le Haut représentant et vice-président de la Commission européenne invite les parties prenantes à la crise postélectorale au  dialogue.  

Ce  dialogue  qui l’UE souhaite inclusif pourrait être l’occasion pour examiner sous toutes ses coutures, « les questions de gouvernance et de droits de l'homme en Guinée ».

Comme on le voit, l’UE vient de passer Conakry sous ses fourches caudines, à travers cette lettre-réponse de son Haut-représentant. De quoi mettre de l’eau au moulin de l’opposition.

Quant gouvernement guinéen, toujours chatouilleux sur les questions relatives aux violations des droits humains, il continue d’être sur la défensive, tout en faisant preuve de fermeté à l’encontre des opposants et  de ses pourfendeurs. 

Mamadou Dian Baldé

 

 

   

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