Fixé au 18 mars prochain, au Palais de Luxembourg, le colloque sur la
transition guinéenne autour du thème : «Aider la Guinée à réussir sa
transition», pourrait ne pas se tenir.
Initiée par l’influent
intermédiaire Ismaël Bah, président de l’ONG Guinée Co-développement
(Organisation de la Société Civile de la Diaspora des Guinéens de France composée
d’une élite issue des guinéens de l’étranger, de binationaux et de français qui
s’engagent pour l’Afrique), la tenue de la conférence qui se prépare depuis
octobre 2021, se heurte à des difficultés diverses.
Selon nos informations, toutes
les conditions ne semblent pas réunies pour faciliter la bonne organisation de
ce colloque qui vise à mettre autour de la table et à rassembler les Guinéens
autour d’un même idéal en vue d’une transition apaisée, réussie et inclusive.
Les conditions du Colloque
«Présenter une liste composée de
personnalités représentant la Guinée à cette manifestation, avec la présence de
la Société civile. »
Le gouvernement guinéen notamment
le Premier Ministre Bernard GOUMOU et celui des Affaires Etrangères, doit être
d’une clarté limpide dans leurs critiques vis-à-vis de la France. En effet,
depuis la rencontre des Ministres des Affaires Etrangères des pays de la
Guinée, du Mali et du Burkina, le discours semble avoir changé. De sources diplomatiques,
« On ne peut pas demander le soutien de la France et donner le sentiment de
singer la démarche anti française du voisin. Aucun propos anti-français ne sera
accepté. Il n’existe en Guinée aucune campagne anti-française».
Une liste de participants guinéens bien difficiles à produire
Rappelons que le but du colloque
est de permettre de débattre autour de l’union et du rassemblement de tous les
guinéens, vers un même idéal, en vue d’une transition apaisée réussie, et
inclusive pour une Guinée tournée vers l’avenir.
Pour l’organisation de ce
colloque, depuis six mois, l’enfant de Boulbinet Ismaël Bah a effectué cinq
voyages entre la France et la Guinée où il a rencontré toutes les autorités.
Selon nos informations, le
Président de la Transition a instruit son chef du gouvernement Dr Bernard
Goumou de donner une suite favorable à la participation de la Guinée à cet
événement et de lui adresser la liste des participants.
Plusieurs réunions ont été ténues
avec le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères. De plus,
on apprend que le Premier Ministre guinéen a confirmé à l’Ambassadeur de France
sa participation à cet événement.
La salle du Sénat a été retenue
pour le 18 mars. Mais depuis trois semaines, les autorités guinéennes n’ont
toujours pas fait parvenir une liste crédible et pluraliste des intervenants.
La représentation de toutes les forces vives de la nation est souhaitée. Toutes
les conditions doivent être réunies pour permettre aux organisateurs de valider
ce projet auprès des autorités françaises et guinéennes. C’est une question de
crédibilité pour une organisation non gouvernementale et de celles et ceux qui
ont toujours accompagné et soutenu de telles initiatives.
Le soutien de la France
Emmanuel Macron, Président de la
France a toujours fait la part belle aux Société Civiles et aux Diasporas,
inscrites au cœur de la refondation des relations franco-africaines et s’est
toujours engagé à soutenir celles-ci.
Fort de cette promesse, la
Société Civile des Guinéens de France, s’est engagée à travailler sur le retour
à l’ordre constitutionnel en Guinée. En effet, la France avait condamné le coup
d’État du 5 septembre 2021 en Guinée. Elle souhaite que la transition réussisse
et aboutisse à un retour à l’ordre constitutionnel.
Là aussi, Emmanuel Macron a
assuré de son engagement personnel et de la France dans l’accompagnement de
cette transition en étroite coordination avec l’ensemble de la Société Civile
de la Diaspora, notamment dans les domaines de la gouvernance (lutte contre la
corruption, les élections et dans le domaine du développement …).
Le message de la Voix de la
France est passé au niveau du Président de la Transition Guinéenne à travers la
Diaspora des Guinéens de France.
Pourquoi ce colloque ?
Il appartient à tous les Guinéens
d’apporter leur contribution pour que le processus politique de refondation,
évolue de manière stable.
En effet, le coup d’état
militaire est une réponse au coup d’état constitutionnel assure la junte
guinéenne. Et pour la société civile de la diaspora, toutes les bonnes volontés
doivent se donner la main pour que le processus de transition qui a été
instauré puisse aller jusqu’à son terme dans d’excellentes conditions.
Le Colonel DOUMBOUYA, dont le
patriotisme ne fait aucun doute pour Ismaël Bah, semble déterminé à sortir la
Guinée de la misère et a donc besoin du concours de tous les guinéens notamment
de la diaspora pour éviter les errements du passé.
Mettre en place les fondements
d’un Etat de Droit et d’un processus électoral crédible
Il faudra, pour réussir, être
impartial et se consacrer exclusivement à l’intérêt général.
Il faut constater hélas que des
leçons du passé n’ont pas été tirées, que les deux expériences précédentes de
la prise du pouvoir par l’armée n’ont pas permis de créer les bases de la
refondation d’un Etat de Droit.
Aujourd’hui, une nouvelle page
blanche est à écrire. Pour cela, il faut de la volonté et du courage et une
détermination implacable à ce peuple pour changer radicalement l’environnement
de la gouvernance. Il faut faire remarquer que la corruption, la gabegie
financière, le manque total de discipline, de moral, d’éthique, la médiocrité
et l’incompétence chronique font croupir la Guinée dans la misère et la
décadence de la vie sociale.
Changer le cours de l’histoire
La Guinée est à un tournant
décisif et a l’occasion de changer radicalement le cours de son histoire afin
de permettre, enfin, au pays d’amorcer une nouvelle marche vers la démocratie,
l’Etat de Droit et le développement.
Le bonheur de la Guinée doit être
construit par les Guinéens
Ni Dieu, ni la France ne pourront
faire le travail à la place des Guinéens. Quant à la France, elle est liée à la
Guinée par l’histoire, par l’amitié, par l’économie, surtout par des liens
humains. La Guinée a plus d’avenir et la France est pleine de projets. La
France, premier partenaire de la Guinée promet d’être aux côtés de la Guinée et
des Guinéens en tant qu’amis. Et c’est la raison pour laquelle, elle a permis
d’organiser ce colloque au Sénat, temple de la démocratie.
Mohamed Bangoura