Colloque au Sénat français sur la transition guinéenne : du plomb dans l’aile !

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  • 21 février 2023 09:27

  • Politique

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Fixé au 18 mars prochain, au Palais de Luxembourg, le colloque sur la transition guinéenne autour du thème : «Aider la Guinée à réussir sa transition», pourrait ne pas se tenir.

Initiée par l’influent intermédiaire Ismaël Bah, président de l’ONG Guinée Co-développement (Organisation de la Société Civile de la Diaspora des Guinéens de France composée d’une élite issue des guinéens de l’étranger, de binationaux et de français qui s’engagent pour l’Afrique), la tenue de la conférence qui se prépare depuis octobre 2021, se heurte à des difficultés diverses.

Selon nos informations, toutes les conditions ne semblent pas réunies pour faciliter la bonne organisation de ce colloque qui vise à mettre autour de la table et à rassembler les Guinéens autour d’un même idéal en vue d’une transition apaisée, réussie et inclusive.

Les conditions du Colloque

«Présenter une liste composée de personnalités représentant la Guinée à cette manifestation, avec la présence de la Société civile. »

Le gouvernement guinéen notamment le Premier Ministre Bernard GOUMOU et celui des Affaires Etrangères, doit être d’une clarté limpide dans leurs critiques vis-à-vis de la France. En effet, depuis la rencontre des Ministres des Affaires Etrangères des pays de la Guinée, du Mali et du Burkina, le discours semble avoir changé. De sources diplomatiques, « On ne peut pas demander le soutien de la France et donner le sentiment de singer la démarche anti française du voisin. Aucun propos anti-français ne sera accepté. Il n’existe en Guinée aucune campagne anti-française».

Une liste de participants guinéens bien difficiles à produire

Rappelons que le but du colloque est de permettre de débattre autour de l’union et du rassemblement de tous les guinéens, vers un même idéal, en vue d’une transition apaisée réussie, et inclusive pour une Guinée tournée vers l’avenir.

Pour l’organisation de ce colloque, depuis six mois, l’enfant de Boulbinet Ismaël Bah a effectué cinq voyages entre la France et la Guinée où il a rencontré toutes les autorités.

Selon nos informations, le Président de la Transition a instruit son chef du gouvernement Dr Bernard Goumou de donner une suite favorable à la participation de la Guinée à cet événement et de lui adresser la liste des participants.

Plusieurs réunions ont été ténues avec le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères. De plus, on apprend que le Premier Ministre guinéen a confirmé à l’Ambassadeur de France sa participation à cet événement.

La salle du Sénat a été retenue pour le 18 mars. Mais depuis trois semaines, les autorités guinéennes n’ont toujours pas fait parvenir une liste crédible et pluraliste des intervenants. La représentation de toutes les forces vives de la nation est souhaitée. Toutes les conditions doivent être réunies pour permettre aux organisateurs de valider ce projet auprès des autorités françaises et guinéennes. C’est une question de crédibilité pour une organisation non gouvernementale et de celles et ceux qui ont toujours accompagné et soutenu de telles initiatives.

Le soutien de la France  

Emmanuel Macron, Président de la France a toujours fait la part belle aux Société Civiles et aux Diasporas, inscrites au cœur de la refondation des relations franco-africaines et s’est toujours engagé à soutenir celles-ci.

Fort de cette promesse, la Société Civile des Guinéens de France, s’est engagée à travailler sur le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. En effet, la France avait condamné le coup d’État du 5 septembre 2021 en Guinée. Elle souhaite que la transition réussisse et aboutisse à un retour à l’ordre constitutionnel.

Là aussi, Emmanuel Macron a assuré de son engagement personnel et de la France dans l’accompagnement de cette transition en étroite coordination avec l’ensemble de la Société Civile de la Diaspora, notamment dans les domaines de la gouvernance (lutte contre la corruption, les élections et dans le domaine du développement …).

Le message de la Voix de la France est passé au niveau du Président de la Transition Guinéenne à travers la Diaspora des Guinéens de France.

Pourquoi ce colloque ?

Il appartient à tous les Guinéens d’apporter leur contribution pour que le processus politique de refondation, évolue de manière stable.

En effet, le coup d’état militaire est une réponse au coup d’état constitutionnel assure la junte guinéenne. Et pour la société civile de la diaspora, toutes les bonnes volontés doivent se donner la main pour que le processus de transition qui a été instauré puisse aller jusqu’à son terme dans d’excellentes conditions.

Le Colonel DOUMBOUYA, dont le patriotisme ne fait aucun doute pour Ismaël Bah, semble déterminé à sortir la Guinée de la misère et a donc besoin du concours de tous les guinéens notamment de la diaspora pour éviter les errements du passé.

Mettre en place les fondements d’un Etat de Droit et d’un processus électoral crédible

Il faudra, pour réussir, être impartial et se consacrer exclusivement à l’intérêt général.

Il faut constater hélas que des leçons du passé n’ont pas été tirées, que les deux expériences précédentes de la prise du pouvoir par l’armée n’ont pas permis de créer les bases de la refondation d’un Etat de Droit.

Aujourd’hui, une nouvelle page blanche est à écrire. Pour cela, il faut de la volonté et du courage et une détermination implacable à ce peuple pour changer radicalement l’environnement de la gouvernance. Il faut faire remarquer que la corruption, la gabegie financière, le manque total de discipline, de moral, d’éthique, la médiocrité et l’incompétence chronique font croupir la Guinée dans la misère et la décadence de la vie sociale.

Changer le cours de l’histoire

La Guinée est à un tournant décisif et a l’occasion de changer radicalement le cours de son histoire afin de permettre, enfin, au pays d’amorcer une nouvelle marche vers la démocratie, l’Etat de Droit et le développement.

Le bonheur de la Guinée doit être construit par les Guinéens

Ni Dieu, ni la France ne pourront faire le travail à la place des Guinéens. Quant à la France, elle est liée à la Guinée par l’histoire, par l’amitié, par l’économie, surtout par des liens humains. La Guinée a plus d’avenir et la France est pleine de projets. La France, premier partenaire de la Guinée promet d’être aux côtés de la Guinée et des Guinéens en tant qu’amis. Et c’est la raison pour laquelle, elle a permis d’organiser ce colloque au Sénat, temple de la démocratie.

Mohamed Bangoura

 

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