Dialogue inter guinéen : Le mythe de l’éternel recommencement (Éditorial)

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  • 01 mai 2023 08:36

  • Politique

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La médiation ouverte le 13 mars dernier entre les forces vives et le gouvernement, en vue de rabibocher les deux parties, en prélude à la tenue d’un dialogue inclusif et constructif, autour du processus de transition, vient de partir en eau de boudin. Les forces vives accusent la junte de les avoir floués, dans ce qui n’était en réalité qu’un jeu de dupes, sur fond de manœuvres dilatoires, en lieu et place d’échanges francs, censés baliser la voie vers un dialogue sincère. Il ne reste donc plus qu’à tirer l’épée.

La médiation entre les forces vives de guinée et le gouvernement de transition, sous l’égide des muftis, ressemble à s’y méprendre au rocher de Sisyphe. Un éternel recommencement. Démarrée le 13 mars dernier de manière poussive, cette médiation n’a cessé de battre de l’aile, jusqu’à ce 28 avril, date à laquelle les frondeurs ont décidé de donner un coup d’arrêt à leur participation à ces consultations.

Dans une déclaration publiée à cet effet, les forces vives se défaussent sur le gouvernement de transition. Dont elles déplorent le manque de volonté, en faveur d’une embellie politique.

Elles affirment n’avoir d’autre alternative que la rue, pour se faire entendre, en vue d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

En attendant d’en savoir davantage sur la déclinaison de leur chronogramme portant sur ces manifestations de rue, c’est le lieu de dire que cette partie de poker menteur ne pouvait que finir en eau de boudin. 

A la grande déception de l’opinion mais surtout des chefs religieux, qui ont été sur toute la ligne, les dindons de la farce dans cette médiation. Car pour qui sait lire entre les lignes, il était prévisible que la junte refuse de lâcher du lest, concernant les préalables des forces vives relatifs au traitement de faveur à accorder aux acteurs politiques en maille avec la justice.

Il en va de même pour les forces vives qui, pour rien au monde, n’accepteraient de dialoguer avec le pouvoir de Conakry, sans que l’abcès ne soit crevé, à propos de leur plateforme revendicative.

Face à un tel scénario, qui ne peut qu’apporter de l’eau aux oiseaux de mauvais augure, les deux camps antagonistes devraient savoir raison garder.

Ne surtout pas s’empresser de tirer l’épée. Comme voudraient le faire les forces vives, au grand dam de la quiétude dans la cité. Certes, certains observateurs vous rétorqueront que cette junte n’entend que le langage de la force. Est-ce pour autant une raison de vouloir combattre le feu par le feu ?

D’autant que le gouvernement de transition, à sa décharge, continue de rompre le pain avec d’autres acteurs sociopolitiques, plus conciliants. Et qui dès au départ avaient rejoint la table de dialogue, afin d’accompagner la junte dans la gestion de la transition.

C’est d’ailleurs devant ce parterre d’alliances politiques que le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation a levé récemment un coin du voile sur le niveau d’avancement du chronogramme de transition. Avec des besoins de financement qui se chiffrent à près de 6000 milliards de fg.

Chose qui a sans doute précipité le retrait des frondeurs de la table de médiation. Se sentant ainsi comme la cinquième roue du carrosse.

Mamadou Dian Baldé

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