Après la Somalie, la Guinée est le 2ème pays du monde à pratiquer
encore les mutilations génitales féminines, selon des données de l’UNICEF. Pourtant,
une loi visant à criminaliser la pratique avait été votée par l’ancienne législature.
Pratiquées pour des raisons non
médicales, les mutilations des organes génitaux
féminins continuent d’être pratiquées en Guinée. Les parents profitent
généralement des vacances scolaires pour exciser leurs jeunes filles. Pourtant,
la loi guinéenne punit cette pratique.
Rencontré, Dr Ben Youssouf Keita,
ancien président de la commission santé et éducation à l’Assemble nationale de
Guinée, dénonce : « nous avons voté des lois pour criminaliser toutes
mutilations génitales féminines. Malheureusement, la loi souffre de son
application au vu et au su de tout le monde… »
Interrogé sur les conséquences
des MGF, Dr Ben Youssouf Kéita en a dénombré quelques-unes : « c’est
d’abord la perte de la sensibilité, la diminution du quotient intellectuel de
la jeune fille. Quand elle sera à l’âge sexuel, elle sera moins réceptive que
celle qui n’a pas été excisée. Le clitoris-là sert d’élastique pendant
l’accouchement pour permettre à la femme d’expulser la tête du fœtus sans
difficultés. Mais quand il y a excision, la zone devient cicatrisée et ça vient
avec des complications ».
Pour faire face à cette
problématique, Dr Ben Youssouf Kéita exhorte l’Etat à prendre des sanctions
exemplaires les adeptes de cette pratique. « On a dépassé la phase de
la sensibilisation, il faut sanctionner les contrevenants », conseille le
médecin.
L’Article 407 du Code de l’Enfant
Guinéen punit de trois mois à deux ans de prison et de 300 000 à 1 million de
francs guinéens d’amende toute personne qui aura participé à la mutilation d’un
enfant. La peine peut aller de 5 ans à 20 ans d’emprisonnement si l’enfant
meurt.
Mariam Bah pour FIM FM Guinée