Éditorial : La junte à rebours, du compte à rebours américain

blog-details
  • redaction.web@fimguinee.com

  • 03 avril 2023 08:49

  • Politique

  • 0

L’ambassade des États-Unis à Conakry, a tenu récemment à rafraîchir la mémoire de la junte guinéenne, en publiant sur son site internet, un compte à rebours sur la deadline de la transition. Ce coup de semonce ne semble cependant pas avoir été du goût des autorités de transition. Qui, à travers le chef de la diplomatie guinéenne, n’ont pas tardé à ruer dans les brancards contre ce qu’elles pourraient assimiler à une ingérence. Dans la déclaration dont le Dr Morissanda Kouyaté s’est fendu de but en blanc, à cet effet, le ministre des Affaires étrangères ose rappeler à l’Oncle Sam, dans des termes peu voilés, les principes basiques de la souveraineté.   

Si le compte à rebours déclenché par l’ambassade des États-Unis en Guinée, dans le cadre du suivi de la transition, a reçu des vivats au sein des forces vives, qui ont maille à partir avec la junte, cette dernière a plutôt vu rouge dans cette démarche du pays de l’Oncle Sam.

Et le gouvernement de transition n’a pas tardé à décocher sa ruade contre ce qu’il perçoit comme étant une ingérence dans les affaires internes d’un pays souverain.

C’est l’écran cathodique de la télévision nationale que Dr Morissanda Kouyaté a choisi pour remettre au goût du jour, ce morceau de bravoure qui rappelle le « NON » à Charles De Gaulle le 28 septembre 1958. Au nom d’un nationalisme cocardier, qui ferait s’étrangler de rire, les détracteurs du pouvoir tyrannique de Sékou Touré. Régime dont Morissanda a l’air d’être un véritable nostalgique entre autres membres du Cnrd.

Quand on sait que malgré cette souveraineté, clamée à cor et à cri, l’économie guinéenne était sous perfusion, à cette époque. Et le pays dépendait des aides consenties par le gouvernement américain et ses ennemis de l’est. La doctrine de l’endiguement aidant. Et qui poussait les États-Unis à pactiser même avec le diable, pourvu que cela puisse barrer le chemin à l’expansion du communiste. 

Pour revenir à la réplique du chef de la diplomatie guinéenne, celui-ci rappelle aux USA que la Guinée demeure bel et bien le « seul maître des horloges » du chronogramme de la transition. Un chronogramme dont la durée, fixée d’un commun accord avec la Cédéao est de 24 mois.

Pour Dr Morissanda Kouyaté, « ce compte à rebours donne l’image d’un surveillant de classe, veillant sur des élèves en examen. Ce qui est évidemment inacceptable pour un pays jaloux de sa souveraineté et de son indépendance comme la République de Guinée ».

« C’est pourquoi, je voudrais porter à la connaissance de nos compatriotes, qu’après avoir échangé avec les hauts responsables de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Guinée, j’ai été rassuré que ce compte à rebours n’avait aucunement la prétention de mettre une pression quelconque sur les autorités de notre pays et de leurs programmes. Il n’a donc aucune valeur contraignante et ne devrait d’ailleurs pas exister », a-t-il martelé, en guise de mise au point.

Venant du Dr Morissanda Kouyaté, réputé pour sa féconde, cette réponse du tac au tac ne surprend guère. Surtout quand elle vient d’un gouvernement qui est passé maître dans l’art de flatter le nationalisme. Tout en abhorrant tout ce qui est droit d’ingérence.

La junte guinéenne fait ainsi corps avec celle du Burkina et du Mali, sous des oripeaux panafricanistes. Une sorte de saut dans l’inconnu, qui pourrait mettre en péril le processus démocratique, qui a déjà du plomb dans l’aile. 

Mamadou Dian Baldé

 

 

Laisser un commentaire