Éditorial : La junte dans un exercice d’équilibriste

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  • 05 juillet 2022 12:04

  • Politique

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Après avoir senti le vent du boulet, la junte a intérêt à mettre à profit le sursis d’un mois que vient de lui accorder le sommet des chefs d’État de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), à la faveur de la réunion d’Accra, pour changer de fusil d’épaule dans sa gestion de la transition. Elle doit pour cela profiter de cette bienveillance de l’organisation régionale, pour lâcher du lest, quitte à rompre le pain avec tous les acteurs sociopolitiques du landerneau. Dans un cadre de dialogue inclusif, placé sous la supervision du nouveau médiateur de la Cédéao, en la personne de l’ancien président béninois Yayi Boni. A en croire le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, le pouvoir de Conakry serait prédisposé à de telles concessions, visant à faire dans la gouvernance participative, en vue de taire les divergences. En tout bien tout honneur. 

Plus de 48 heures après le baisser de rideau, le sommet des chefs d’État tenu récemment dans la capitale ghanéenne continue d’alimenter la chronique dans la cité. Entre catastrophistes et porteurs de bonnes nouvelles, chacun y va de son commentaire avec moins de passion. Comme si l’organisation régionale avait réussi à contenir les défiances, en s’abstenant de porter le fer contre le gouvernement guinéen. Ce dernier compte ainsi tirer des dividendes de cette prodigalité de la Cédéao. C’est du moins ce qu’à laisser entendre son porte-parole au lendemain du sommet d’Accra.   

Profitant de la tribune de Mirador de FIM-FM, M. Ousmane Gaoual Diallo a surpris par la douceur de ses propos, qui tranchent cette fois avec ses humeurs chafouines habituelles. Signe des temps : l’homme a l’air de faire sa mue. Le trublion politique qu’on a connu, est en train de s’adapter à la tunique ministérielle.

Le ministre de l’Urbanisme promet donc une mutation dans la gestion de leurs rapports avec les parties prenantes au processus de transition. En faisant preuve de beaucoup ‘’d’humilité et de pédagogie’’, afin de réunir autour de la table de dialogue les acteurs politiques et ceux de la société civile.

Ousmane Gaoual Diallo qui reconnaît ‘’une rupture de confiance entre la classe politique et les dirigeants de notre pays, qui ne daterait pas d’aujourd’hui’’, pense que le gouvernement a besoin de rassurer tout le monde. Et pour briser ce mur de glace, ils sont prêts à aller vers les acteurs, sans aucun artifice. Des propos qui rassurent sur la volonté des autorités de la transition de mettre le couvercle sur la marmite, en faisant preuve d’équilibrisme dans la gestion de la transition. Pour que chacun s’en tire à bon compte.

Mamadou Dian Baldé

 

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