Après avoir senti le vent du boulet, la junte a intérêt à mettre à
profit le sursis d’un mois que vient de lui accorder le sommet des chefs d’État
de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), à la
faveur de la réunion d’Accra, pour changer de fusil d’épaule dans sa gestion de
la transition. Elle doit pour cela profiter de cette bienveillance de
l’organisation régionale, pour lâcher du lest, quitte à rompre le pain avec
tous les acteurs sociopolitiques du landerneau. Dans un cadre de dialogue
inclusif, placé sous la supervision du nouveau médiateur de la Cédéao, en la
personne de l’ancien président béninois Yayi Boni. A en croire le porte-parole
du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, le pouvoir de Conakry serait prédisposé
à de telles concessions, visant à faire dans la gouvernance participative, en
vue de taire les divergences. En tout bien tout honneur.
Plus de 48 heures après le
baisser de rideau, le sommet des chefs d’État tenu récemment dans la capitale
ghanéenne continue d’alimenter la chronique dans la cité. Entre catastrophistes
et porteurs de bonnes nouvelles, chacun y va de son commentaire avec moins de
passion. Comme si l’organisation régionale avait réussi à contenir les
défiances, en s’abstenant de porter le fer contre le gouvernement guinéen. Ce
dernier compte ainsi tirer des dividendes de cette prodigalité de la Cédéao.
C’est du moins ce qu’à laisser entendre son porte-parole au lendemain du sommet
d’Accra.
Profitant de la tribune de
Mirador de FIM-FM, M. Ousmane Gaoual Diallo a surpris par la douceur de ses
propos, qui tranchent cette fois avec ses humeurs chafouines habituelles. Signe
des temps : l’homme a l’air de faire sa mue. Le trublion politique qu’on a
connu, est en train de s’adapter à la tunique ministérielle.
Le ministre de l’Urbanisme promet
donc une mutation dans la gestion de leurs rapports avec les parties prenantes
au processus de transition. En faisant preuve de beaucoup ‘’d’humilité et de
pédagogie’’, afin de réunir autour de la table de dialogue les acteurs
politiques et ceux de la société civile.
Ousmane Gaoual Diallo qui
reconnaît ‘’une rupture de confiance entre la classe politique et les
dirigeants de notre pays, qui ne daterait pas d’aujourd’hui’’, pense que le
gouvernement a besoin de rassurer tout le monde. Et pour briser ce mur de
glace, ils sont prêts à aller vers les acteurs, sans aucun artifice. Des propos
qui rassurent sur la volonté des autorités de la transition de mettre le
couvercle sur la marmite, en faisant preuve d’équilibrisme dans la gestion de
la transition. Pour que chacun s’en tire à bon compte.
Mamadou Dian Baldé