Le processus de concertation en cours au centre islamique de Donka,
sous l’arbitrage des guides religieux chrétiens et musulmans, commence à battre
de l’aile. A l’allure où vont les choses, ce dialogue à marche forcée, dont la
mayonnaise tarde à prendre, pourrait tout simplement connaître une panne sèche.
Si l’on s’en tient en tout cas à l’ultimatum lancé par les forces vives, dont
la patience semble arriver à bout. Elles ont en effet, fait cas de leur
intention de quitter la table des négociations au plus tard le 15 avril, si
leurs préalables ne sont pas satisfaits.
Les forces vives de Guinée
pourraient donc jeter l’éponge le 15 avril prochain, au cas où les questions
préjudicielles portées par leur soin à l’attention du gouvernement de
transition, n'obtiennent pas un écho favorable. Des préalables portant sur la
libération des activistes de la société civile détenus à la maison centrale de
Conakry, le retour du leader de l’Ufdg et son homologue de l’Ufr. Ainsi que
celui de l’ancien président Alpha Condé, réfugié en Turquie. Pour ne citer que
ceux-ci.
De la satisfaction de ces
préoccupations des forces vives dépendra la poursuite du dialogue. Quand on
sait qu’elles ont été portées à la connaissance du Premier ministre, lors de la
rencontre du 3 avril dernier.
Mais à l’allure où va le train,
l’optimisme béat affiché par certains observateurs sur la réussite de ces
pourparlers, pourrait se solder par une grande déception. Si l’on s’en tient en
tout cas à des bribes d’informations glanées par le journal en ligne mosaiqueguinee.com. Selon
lesquelles le gouvernement se serait montré rétif face à ces doléances des
forces vives.
Qu’il trouverait plutôt
subjectif. Le ferment de la discorde porterait en effet sur les questions des
personnes. La junte n’aurait pas du tout l’intention de déroger de sa ligne de
crête, empruntée dès au départ, à savoir dissocier les ennuis judiciaires des
acteurs politiques, de leur étiquette politique. Céder à ce que certains
observateurs qualifient de chantage à la manifestation de la part des forces
vives, pour faire plier la junte, serait faire un appel d’air à tout ce qui est
conflits d’intérêt et échanges de bons procédés. Des pratiques qui ont miné le
bon fonctionnement de notre administration.
En clair, le message que
voudraient envoyer les autorités de la transition, est que nul ne doit être
au-dessus de la loi. Chose que les forces vives ne semblent pas du tout gober.
A leur tour de répliquer donc que
si d’ici le 15, les lignes ne bougeaient pas dans le sens voulu par elles,
elles n’auraient plus d’autre choix que de déménager à la cloche de bois. Pour
concentrer leurs efforts sur les préparatifs des manifestations de rue.
C’est comme si l’on se dirigeait
donc inéluctablement vers une panne sèche du processus de concertation.
Processus lancé à marche forcée, dont l’arrêt pourrait déclencher la fureur de
la rue. A moins que les forces vives ne soient que de simples géants aux pieds
d’argile, qui ne pourraient faire fléchir la junte.
Mamadou Dian Baldé