En aucun cas un État défaillant ne doit rejeter ses responsabilités sur des innocents enfants (Tribune)

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  • 19 juillet 2022 08:58

  • Education

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En matière d'éducation, le nivellement vers le haut ne peut en aucun cas être un phénomène brutal, si ce n'est par amateurisme ou par l’unique volonté de rendre les élèves, seul.e.s responsables de leur situation dramatique. Il faut une politique générale par son étendue et précise par ses problématiques afin de répondre de manière objective et judicieuse les questions liées à la crise de l'éducation guinéenne.

C’est dans les dragons de l’Asie du Sud-Est (Corée du Sud, Taïwan et Singapour) et le Japon que les meilleurs progrès ont été réalisés en matière d’éducation depuis la moitié du siècle dernier. Mais ce sera une erreur de considérer ce résultat comme le fruit d’un mécanisme brutal ou d’un projet à court terme. Ils ont d’abord réalisé des projets d’éducation bien taillée et diffusé la culture de l’excellence de manière progressive dans toute la société.  

En aucun cas un État défaillant ne doit rejeter ses responsabilités sur des innocents enfants : des écoles mal équipées et surpeuplées, des professeurs sans réels niveaux même dans les matières élémentaires, et recrutés la plupart sans aucun concours ou contrôle rigoureux de capacité, des établissements privés proliférant comme des champignons qui sont pourtant pour la plupart des centres agréés de business et de garderie d’adolescents.

Il n’est pas la peine de dresser toutes les carences graves de l’école guinéenne. Il faut seulement souligner que l'accumulation honteuse et ignoble des chiffres des examens nationaux est d'abord un échec de l'État guinéen avant d'être celui des enfants et de leurs familles. En Guinée depuis le premier régime, nous avons opté pour une éducation de masse afin de permettre l'élévation sociale et culturelle de toutes les couches de la société. Car comme le disait André Malraux, (homme politique et de culture) « la culture [… école...] est ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers ».

C'est donc à l'État qu'il revient naturellement, ce par tous les moyens, de travailler en parfaite harmonie avec la société et les parents d'élèves, afin de mettre en place un plan et une méthodologie bien définie pour accompagner les enfants vers une excellence digne des standards internationaux. 

 Mamady Sylla, Doctorant en relations internationales, Panthéon Sorbonne (France)

 

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