La signature, le 8 mars 2023, du pacte d’actionnaires entre Rio
Tinto/Simfer, Winning Consortium Simandou (WCS) auquel s’est joint le géant
chinois de l’acier, Baowu Steel, et l’Etat guinéen, dans le cadre de la
Compagnie du Transguinéen (CTG), constitue une étape cruciale dans la
réalisation concrète du projet Simandou. Mais le plus dur sera de lever les
fonds, estiment les experts.
L’actionnariat de la CTG, chargée
de construction et gérer les infrastructures du mégaprojet, se présente comme
suit : 42,5% pour Rio Tinto/Simfer, 42,5% pour WCS et 15% d’actions (gratuites
et non diluables) pour l’Etat guinéen.
Si les détails précis des
différents contrats qui ont permis ce dénouement ne sont pas encore révélés,
certaines sources estiment qu’il faudra suivre à la loupe le rythme de
décaissement des fonds nécessaires au développement du gisement de fer qui
suscite tant de fantasmes.
Pour le moment, les lignes
fondamentales qui ont été maintenues dans les précédentes conventions se
limitent au contrôle des blocs 1 et 2 du Simandou Nord par WCS et des blocs 3
et 4 du Simandou Sud par Rio Tinto/Simfer.
Une information publiée par
Africa intelligence, un organe de presse qui traite de l’actualité africaine
soutient qu’il y aurait des « réticences » de WCS et Rio Tinto/Simfer, les deux
groupes impliqués dans le CTG, à débourser les 500 millions de dollars USD
nécessaires à la relance des travaux, en faveur des groupes d’entreprises de
BTP comme China Railway Construction corp (CRCC)…
Si cette information était avérée,
elle indiquerait à elle seule toute la difficulté des parties prenantes au CTG
à avancer ensemble, sans écueil.
Pour rappel, dans la foulée de
l’appel d’offres international remporté en novembre 2019 (devant le géant
australien Fortescue), WCS avait débuté et même accéléré les travaux de
construction des infrastructures, pour plus d’1 milliard USD (selon nos
sources), avant d’être brutalement interrompu par la décision d’arrêt des
travaux intervenue en mars 2022 (Ndlr : les travaux de WCS ont finalement
repris mais ils ont a nouveau été arrêtés en juillet 2022), sur ordre de la
junte militaire qui avait renversé l’ex président Alpha Condé 7 mois plus tôt.
Cet blocage inattendu des travaux
qui a plus tard débouché sur la création d’une co-entreprise forcée avec Rio
Tinto/Simfer, a surtout affecté les partenaires chino-singapouriens qui étaient
les seuls à investir réellement dans les infrastructures (tunnels, port en eaux
profondes, tracé chemin de fer, etc).
Une source proche du dossier à
dit à WESTAF MINING que malgré la signature du pacte d’actionnaires « aucun
financement n’est garanti par l’accord ».
Cette source s’inquiète
d’ailleurs des répercussions qu’un retard de démarrage des travaux pourrait
avoir dans les relations entre les différents partenaires, sans compter la
perception des populations, de plus en plus impatientes.
Une autre source proche de CTG a
dit à WESTAF MINING qu’il est prévu dans le cadre de l’accord que le
financement soit mobilisé « par dettes d’actionnaires ».
Le géant chinois de l’acier,
Baowu Steel, est certes engagé dans le mégaprojet mais il n’a pas pour le
moment signé qu’un term sheet « non contraignant » – en décembre 2022.
Baowu Steel a toutefois largement
les moyens de mener tout seul un projet de cette envergure dont le coût devrait
varier entre 15 à 20 milliards USD.
Dans un cas comme dans l’autre,
on se demande bien qui va finir par délier les cordons de la bourse pour
favoriser la relance des travaux, étant donné que le calendrier actuel, même s’il ne semble pas
« réaliste » aux yeux des experts, prévoit que les premières exportations se
fassent courant premier trimestre de l’année 2025.
Source : westaf