La récente découverte de mines d’or dans la préfecture de Gaoual, a pris tout le monde de court. Il n’en fallait pas plus pour voir déferler sur la région, des hordes d’aventuriers de tous poils. Tous en quête du métal précieux. Mais le rêve va vite virer au cauchemar pour ces chasseurs d’or, suite à la décision de fermeture de ces mines à toute exploitation, prise à la hâte par le gouvernement guinéen.
Si jusque-là, ces mines d’or du Foutah Djallon étaient méconnues du velgum pecus, leur exploitation remonterait cependant à l’Antiquité. Il suffit de parcourir les œuvres du célèbre historien grec Hérodote, qui vécut au 5ème siècle avant J-C. Œuvres dans lesquelles il retrace les échanges de biens que les marchands phéniciens effectuaient contre la poudre d’or extraite des régions de l’actuel Foutah Djallon, région naturelle de la préfecture de Gaoual. Des faits corroborés par l’université d’État de Moscou Lomonossov. Des données qui prouvent à suffisance que ces gisements de Gaoual, qui suscitent aujourd’hui toutes les convoitises, ne sont que la partie émergée des pépites enfouies du Foutah Djallon. Notre dossier d’enquête.
Gaoual, nouvel eldorado !
Selon la Banque des données sur les gisements et indices des minéraux utiles consultable auprès de l’université Moscou Lomonossov, l’exploitation des gisements d’or en Afrique de l’ouest remonte à l’Antiquité. Et l’historien grec Hérodote (425-484 avant J-C) a décrit dans ses œuvres comment les marchands phéniciens échangeaient leurs marchandises contre de la poudre d’or extraite dans les régions de l’actuel Foutah Jalon, région naturelle de la préfecture de Gaoual. C’est surtout le Mandingue qui avait cette réputation d’être le berceau du trafic d’or avec ces empires dont les seigneurs usaient de ce métal pour imposer leur pouvoir.
L’ancien empire « Afrique noire » situé dans les bassins du cours supérieur des rivières Sénégal et de Niger était connu pour ses énormes réserves en or. Les seigneurs de cet empire portaient le nom de « Kaya Magon » entendez Roi d’or. Durant le règne de Soundiata Kéïta, Soumaoro Kanté et Samory Touré, l’or était intensément extrait dans les régions de Bouré et de Siécké situées dans la circonscription administrative de Siguiri.
Plus de 1000 tonnes d’or extraites en Guinée
Selon l’auteur Bache (1982), depuis les temps préhistoriques jusqu’au début du XXème siècle il a été extrait plus 1000 tonnes d’or dans l’actuelle Guinée. Ajoutant qu’à partir du XIIVème siècle, l’administration coloniale française exploitait des placers aurifères au Sénégal-Est, au Sud du Mali et dans les régions Nord-Est de la Guinée.
La mise en valeur intensive des ressources aurifères de la Guinée a pris son départ au début du XXème siècle.
De 1901 à 1908 seulement, il avait été octroyé 395 permis et, en 1911, encore 533 permis d’exploration et d’exploitation dans les régions de Siguiri, de Kankan, Dinguiraye, Kouroussa, Kadé-Touba (actuel Gaoual) et Yimbering dans Mali ainsi que Kindia, Timbo dans Mamou et Ditinn dans Dalaba.
Selon les travaux de l’université de Moscou Lomonossov, les résultats de ces travaux de recherche aurifère ne sont pas disponibles aux archives du service géologique de la Guinée.
Du répertoire de gisements en Guinée
Au total, les 435 gisements, indices et anomalies géochimiques d’or sont reportés sur la carte gîtologie de la Guinée ainsi que les régions les plus prometteuses pour les travaux de recherche approfondie et prospection prioritaire.
Tous les gisements et les occurrences, selon leur genèse, appartiennent à deux groupes : endogène et exogène. Le premier comprend les roches en placers, le deuxième les divers placers. Les croûtes altérées aurifères, formées à la suite de la transformation hypergène des roches mères contenant de l’or tant endogène qu’exogène, occupe la position intermédiaire.
Il est à noter que presque tous les gisements alluvionnaires et primaires d’or en Guinée ont été découverts par les populations locales (artisans) et, seulement plus tard, ils ont été étudiés par les spécialistes des compagnies minières. Une telle situation prévalait aussi pendant les périodes plus tardives des travaux géologiques sur l’or.
La plupart des répartition sont connues dans les zones de développement des structures du Protérozoïque précoce et se localisent dans leurs parties bordières ou leurs périphéries. Le protérozoïque est la principale période de la mise en place de la minéralisation de l’or en Guinée et dans les pays limitrophes comme le Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Ghana, Libéria et autres.
Tous les gisements connus dans ces pays ont des liaisons spatiales nettes avec le développement des zones plissées du protérozoïque précoce réunies sous le nom des structures birrimiennes. Elles comprennent la plus grande province aurifère du protérozoïque précoce au monde.
Des zones qui recèlent de l’or en Guinée
Le secteur guinéen ne s’étend que sur une petite partie ouest de cette province. Sur le plan géologique structurel, au niveau d’érosion actuelle, il est représenté parun fossé intercratonique riftogène marginale de Niandan-Kiniéro (Koroussa) et par son prolongement éventuel- le rift des monts Simandou (Beyla- Kérouané et autres). Un vaste bassin de sédimentation de Siguiri (le synclinorium) limité, à l’extrême ouest, par une zone de roches granitoïdes (l’anticlinorium) se situe au Nord-ouest de ce fossé. Ses structures s’étendent au Nord, à la République du Mali et y sont aperçues jusqu’à l’escarpement de Tamboura compose des dépôts de plate-forme.
Bref, tous les placers aurifères du Pléistocène-Holocène connus se localisent dans les limites des vallées actuelles ou sur leurs versants. Similaires aux gisements d’or endogènes, la plupart d’entre eux se trouvent dans les régions de développement des structures du protérozoïque précoce et parfois dans les régions de leur encadrement. Traditionnellement ces régions se rattachent à la haute Guinée qui est limitée, du Nord et du Nord-ouest, par des élévations du plateau de Foutah Djalon, et, du Sud et du Sud-est par la région montagneuse de la Guinée Forestière.
Du corridor allant de Gaoual à Kédougou au Sénégal
A présent abordons le synclinorium de Bassari (Koundara) et le horst de Bantala (Gaoual) qui se situent à la limite des feuilles de Youkounkou (Koundara) et Kédougou au Sénégal, dans les crêtes montagneuses du Bantala. Cette crête sépare les contreforts Nord-ouest du plateau du Foutah Djallon de la plaine de Youkounkou.
Le synclinorium est rempli de dépôts sablo-argileux disloqué et métamorphosés jusqu’aux faciès des schistes verts, qui initialement étaient rapportés à la série des Bassari du protérozoïque précoce en les comparant à la série de Marampa, développée en sierra Leone. Les roches de cette série, à leur tour, étaient considérées comme des analogues de la série Birrimienne du protérozoïque précoce.
Plus tard, il a été prouvé que les dépôts terrigènes de la crête montagneuse de Bassari sont des analogues dispersés et métamorphosés des sédiments de plate-forme des suites de Kanta, Dira, et Mali et du protérozoïque tardif composant le flanc Nord-ouest de la dépression de Tougué. Les chercheurs de Lomonossov ensuite que des plus grandes intrusions situées dans la zone de faille limitant à l’Ouest le domaine plissé de Bassari et quelques grands corps substratifés sur le partage des eaux des rivières de Tominé-Komba, où ils sont disloqués ensemble avec les roches encaissantes, et par endroits, foliacés et métamorphosés.
Dans la partie centrale du fossé, les granitoïdes forment du Nord au Sud le massif de Tandouma (disposant de 80 km2 d’affleurements de contacts avec les roches tectoniques environnantes), amont de la rivière du même nom, affluent gauche du Tominé, le massif de Donsou au Nord du village de Santou et deux affleurements dans les fenêtres d’érosion au sein des grés de la suite de Pita (ordovicien, régions situées à l’Ouest de Télimélé et Sinta).
Dans le Nord-ouest de la Guinée, les
contreforts de la morphostructure positive du Foutah Djallon pénètrent à
quelques dizaines de kilomètres sur le territoire de la Guinée-Bissau où ils
confinent à la plaine littorale.
Les recherches dans le Foutah Djallon
A 50 ou 70 km des contreforts du Foutah Djallon, sur la partie continentale de la Guinée-Bissau, on trouve des dépôts du Maastrichtien. En allant vers l’Ouest, ces dépôts sont successivement relayés par ceux de Paléocènes et Éocènes moyens, ensuite Oligocènes et Miocènes inférieurs et, enfin Miocènes moyens et supérieurs. Il s’agit de la partie marginale orientale du bassin péri-océanique mésozoïque-cénozoïque-Sénégalo-Guinéen, dont les dépôts sont relativement bien étudiés grâce aux recherches pétrolières effectuées durant les années 1950-1960.
La vallée de l’affluent droit de la rivière Komba présente des roches encaissantes aux cibles hydrothermales et des débits éluviaux de quartz. Sous l’administration de la première République, dans la feuille géologique de Koumbia dans la préfecture de Gaoual, les cibles sont découvertes en 1976, au cours des recherches et du levé au 1/200 000 et se font apercevoir sur une grande superficie sous forme de petits débris isolés ou se forment leurs accumulations.
Probablement, elles ont été formées à la suite de la destruction des filons de quartz ou des filonnets. Selon l’échantillonnage au marteau, il y a toujours de l’or dans le quartz à une teneur de 0,00 à 0,3 g/t contre une teneur allant de 0,5 à 7 g/t dans la feuille géologique de Tougué ou encore 1,5 g/m3 à Mataganya sur la feuille de Dinguiraye.
Dans la feuille géologique de Labé, dans la Vallée de la rivière Bantala (situé à présent dans la préfecture de Gaoual), à 3 km de son embouchure, les cibles étudiées par « Or de Bantala » ont démontré une forte activité de quartzification. La zone de roches hydrothermalement influencées de la suite Panampou (vendéen) est orientée suivant l’azimut de 350° et peut être irrégulièrement observée à une distance de 1 300 m et 30 à 80 m d’épaisseur.
D’autres minerais à Gaoual
Elle est composée des roches quartzoïdes ferrugineuses des bérisites. Selon l’échantillonnage, il a été constaté de l’or de 0,01à 1.0 g/t, 10 à30 Ppm de Cuivre de 10 à 30 Ppm, de Nickel 10 à 20 PPM, de 3 à 30 Ppm de Molybdène, de Baryum de 150 à 1000 Ppm, de Zinc 100 Ppm, Plomb 10 Ppm et Bérylium 81 Ppm.
La carte géologique de la Guinée au 1/500 000 et le livre intitulé « Géologie de la Guinée » sont les premiers ouvrages de synthèse complet qui réunissent les données de levée géologique de toutes les feuilles du pays au 1/200 000. En outre les auteurs ont utilisé certains résultats des travaux de recherche sur les bauxites, l’or, le fer et les roches carbonatées.
Les Russes et leur connaissance de la géologie de la Guinée
En partie Oui. Établi par la société Geoprospects et la faculté de Géologie de l’université d’État de Moscou Lomonossov, l’ouvrage La Géologie de la République de Guinée fait la synthèse des renseignements relatifs à la structure géologique de l’ensemble de la Guinée et aux minéraux utiles.
Abordant la phase cénozoïque du développement géologique et géomorphologique, l’université d’État de Moscou Lomonossov a replacé l’actuelle préfecture de Gaoual dans les conditions et les facteurs de la formation des croûtes d’altération latéritique et des produits sont traités de manière plus détaillée, car ils déterminent le potentiel minéral du pays et notamment la mise en place des gisements des bauxites, minerais de fer riches, diamants et or.
Enquête Mirador