Des produits toxiques déversés en haute mer seraient à l’origine
des lésions cutanées constatées chez les pêcheurs au large de Conakry. C’est la
conclusion du rapport des techniciens de l’Office National de Contrôle
Sanitaire des Produits de la Pêche et de l’Aquaculture.Après l’apparition, le
12 avril dernier, des cas de brulures de peau sur des pécheurs artisans
guinéens basés aux ports de Bonfi et Gbessia , un comité mixte a été constitué
et diligenté par les autorités guinéennes.
« L’échantillon d’eau de mer
jaunâtre reçu à l’INSP a été analysé pour neuf (9) paramètres physicochimiques
parmi lesquels seuls deux (2) paramètres (Nickel et Zinc) étaient dans les
valeurs limites », explique le rapport. Indiquant que la mesure de la
turbidité obtenue (2400NTU) est largement dépassée : « il ressort
que ses résultats présentent une très forte minéralisation et une acidité très
forte (pH 1,42). Cela a pour conséquence la baisse de la salinité et une
augmentation des teneurs en phosphate (5,7mg/L), les nitrites (38mg/L), les
silices (160 mg/L), le cuivre (0,2mg/L) ».
Selon le document, les mesures de
l’oxygène dissous trouvées 5,38ppm est favorable pour peu de gros poissons.
L’oxygène dissous ayant une concentration inférieure à 5,5 mg/L aura un effet
négatif sur la plupart des poissons et sur les étapes de la vie des
poissons. « Nous n’avons pas pu réaliser les métaux lourds tels que
l’Arsenic, le Cadmium, le Plomb, … par manque de plateau technique », précise
les analystes. Notent bien que ces valeurs extrêmement élevées pourraient être
dues aux déversements des produits toxiques en haute mer.
En conséquence, les techniciens
de l’Office National de Contrôle Sanitaire des Produits de la Pêche et de
l’Aquaculture (ONSPA) recommandent dont entre autres le renforcement du
plateau technique de l’INSP pour la recherche des métaux lourds ; le
renforcement de la synergie entre les laboratoires du pays pour une
réactivité rapide en cas de déversement similaire ; le renforcement de
la surveillance des eaux guinéennes par des patrouilles mixtes des forces
de défense, forces de sécurité, service des milieux marins et zones côtières,
OGPNRF, etc. ; le Contrôle des navires à l’entrée et à la sortie des eaux
guinéennes ; la rechercher des navires ayant stationné ou traversé la zone
impactée par le déversement pour pouvoir identifier l’auteur de ce déversement
; la poursuite des analyses des échantillons en synergie avec les laboratoires
disposants des plateaux techniques d’analyse (Pollution) pour une meilleure
atteinte des objectifs et la dépollution du site concerné le plus
rapidement possible.
Gilles M C