Mali: encore un grain de sable dans la machine électorale!

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  • 08 mai 2023 09:25

  • Politique

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Aussitôt annoncée aussitôt caduque? En tout cas, le sort de la nouvelle date rendue publique par les militaires au pouvoir pour la tenue du référendum sur la nouvelle constitution est menacé. C’est le moins qu’on puisse dire face au dilemme posé au colonel Assimi Goïta et le front «anti-laïcité» né, suite à la fixation du 18 juin comme date pour soumettre à la «vox populi» le document de la nouvelle loi fondamentale sorti des laboratoires de la junte militaire. L’opposition radicale à ce terme de laïcité et de ses dérivés que la vingtaine d’associations islamiques, marchant dans les pas de la Ligue des imams du Mali (Limama) donnera probablement des nuits blanches au pouvoir de transition. En effet, appelant au retrait, sans autre forme de procès, de ce concept de la constitution, l’Association des femmes musulmanes, le Club de soutien à l’Imam Mahmoud Dicko et la Ligue des prédicateurs du Mali et les autres membres de ce front inédit, menacent de faire échec à son vote en demandant aux populations de dire NON à la nouvelle loi fondamentale.

Questions: conscient que 90% de la population malienne est musulmane, pourquoi les scribes du texte ont-ils préféré ce terme de «laïcité», qui est sorti du dictionnaire du colonisateur, alors que cette réalité était inconnue des Maliens, tout comme des autres peuples africains, avant l’arrivée du Blanc sur le continent noir? A moins de vouloir verser dans la provocation, ne fallait-il pas trouver autre chose dans ce contexte où le sentiment anti-occidental, nourri dans certains cas par des dirigeants en quête de populisme, est abondamment servi au peuple? Des interrogations qui, loin s’en faut, ne sont pas dénuées de pertinence mais ne donnent pas non plus, absolument, raison aux frondeurs, ce d’autant que des religions, notamment les deux plus grandes, en l’occurrence l’islam et le catholicisme, sont importées, tout comme le terme «laïcité» qui est combattu par les membres du front. Dans tous les cas, pour la rédaction d’un texte aussi capital qui servira de fondement à l’Etat malien, il est important de manipuler les concepts avec tact et surtout n’utiliser que ceux qui rencontrent l’adhésion des destinataires, notamment le peuple.

Tout est fait comme si le retard accusé dans l’avènement de ce référendum, qui servira de premier pas dans la marche vers les élections, notamment celle présidentielle qui devra consacrer le retour d’un pouvoir des civils, arrange un individu ou un groupe de personnes! Suivez mon regard! Pourtant, la Communauté internationale, à travers la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), qui a manifesté des inquiétudes suite au premier report de la date du référendum, a applaudi des deux mains et des deux pieds, le nouveau calendrier proposé par gouvernement de la transition malienne. Comme quoi, il faut toujours éviter de «vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué».

Assimi Goïta et les siens vont-ils abdiquer et procéder à la correction demandée par la Limama et ses affidés, au risque de montrer un signe de faiblesse face à ces groupes de pression qui ont fait leur preuve en matière de mobilisation de la «rue»? Tout refus de la part des militaires, de céder aux injonctions du front anti-laïcité, pourrait bien remettre en cause les nouvelles dates électorales. Et en matière d’élection, les Maliens et la communauté internationale pourront continuer à «attendre Godot».

WS

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