Opération mains propres : Les anciens apparatchiks peinent à conjurer le mauvais sort (Éditorial)

blog-details
  • redaction.web@fimguinee.com

  • 29 avril 2022 12:13

  • Politique

  • 0

Les apparatchiks du pouvoir déchu peinent à conjurer le mauvais sort qui continue de s’abattre sur eux, dans le cadre de l’opération de reddition des comptes, lancée par les autorités de la transition, sous la coupole de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). C’est dans cette série noire que l’ancien président de l’Assemblée nationale Damaro Camara et son vice-président Lounceny Camara viennent de rejoindre la Maison centrale de Coronthie, où d’autres personnalités, visées par cette croisade anti-corruption, y avaient déjà pris leurs quartiers. Dont notamment l’ancien locataire du Primo ministère Ibrahima Kassory Fofana. Des personnalités qui semblent subir le contrecoup d’une gestion à la petite semaine, qui fut le lot du gouvernement déchu.

Sur le trio de dirigeants de l’ancien parlement convoqué devant la Crief jeudi dernier, seul Michel Kamano, l’ancien questeur de la 9ème législature a pu regagner ses pénates. Les deux autres honorables députés, à savoir Amadou Damaro Camara et Lounceny Camara ont été écroués, au terme d’un long interrogatoire, qui s’est achevé tard dans la nuit. Scène rapportée par des reporters rompus dans le pied de grue qui, en compagnie des proches des infortunés, ont voulu vivre le suspense jusqu’au bout.

En attendant d’en apprendre davantage sur ce qui serait reproché à ces anciens barons du régime défunt, les premières bribes d’informations qui filtrent des sources judiciaires font un lien entre cette mise en examen de ces cadres, avec des présumés détournements de fonds au sein de l’ancien parlement.

Cela ne pourrait que mettre de l’eau au moulin des observateurs qui avaient émis des réserves sur l’opacité qui entourait la gouvernance financière de l’ancienne Assemblée nationale. Il avait fallu même un arbitrage présidentiel, dans la foulée des dénonciations de contrats léonins, attribués à des proches de Damaro, pour que les frondeurs dont Lounceny Camara, puissent lâcher les baskets au mise en cause.

La prégnance des calculs politiques sur l’orthodoxie financière avait permis à Damaro d’échapper à la tempête. Mais avec la nouvelle donne, c’est comme si le répit n’aura été que de courte durée. Même si le fait pour l’ancien président du parlement de ne pas tomber seul, pourrait constituer une maigre consolation. Son ancien empêcheur de tourner en rond Lounsény Camara, qui fut plusieurs fois ministre, après avoir géré la fameuse Ceni, dans des conditions qui restent à élucider, n’a pas échappé aux griffes de la Crief. Le troisième homme de la fournée, Michel Kamano, 1er questeur au moment des présumés faits, à eux reprochés, a été aussi mis en examen. Mais mis en liberté.

Cet ancien Président du Conseil Économique et Social (C.E.S) de Guinée, fut également sous la deuxième république, ministre du Plan et de la Coopération Internationale. Puis ministre de la Communication et de la Culture.

Avec le vent du renouveau, les Guinéens espèrent que les fossoyeurs de notre économie vont enfin rendre des comptes.  Rien avoir avec la permissivité du pouvoir déchu, qui s’était illustré par une impunité qui frisait l’arrogance.

Mamadou Dian Baldé   

Laisser un commentaire