Procès du 28 septembre 2009 : une victime charge le Colonel Chérif Diaby

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  • 18 octobre 2023 11:55

  • Justice

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De nouvelles victimes sont en train d’être entendues ce mercredi, 18 octobre 2023, devant le tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’Appel. Abdoul Karim Sow, né en 1974 à Labé, est la toute première qui a fait sa déposition. Il se plaint de coups et blessures.

Arrivé au stade aux environs de 9h, Abdoul Karim Sow a fait partie des tout premiers manifestants dispersés par des gendarmes à l’esplanade. Il aurait été alors intercepté puis passé à tabacs. Pour avoir perdu connaissance, c’est dans une clinique à Dixinn Foula qu’il a repris conscience aux environs de 11heures, a-t-il indiqué.

Quelques temps après et malgré les précédents coups, il décide de repartir au stade après avoir appris que les leaders y sont arrivés. Il a eu le temps de prier avant l’irruption des militaires sur fond de tirs. Il prend la fuite et tombe sur des bérets rouges. Un d’entre eux lui a administré un coup de cross, un autre le poignarde, a révélé le plaignant. Il a encore perdu connaissance.

Poursuivant, il dit qu’il sera secouru par la Croix rouge et conduit à la clinique de Dixinn foula puis à l’hôpital Donka. Il a été pris en charge avant de rentrer à la maison à la nuit tombée, a précisé Abdoul Karim Sow.

Après Abdoul Karim Sow, c’est Mohamed Ali Fofana qui est en train d’être auditionné. Il est né en 1989 en RDC. Le trentenaire dit s’être retrouvé au stade après avoir été motivé par ses amis du quartier. Après l’irruption des militaires, il a été atteint par balle à la main pendant la débandade. Malgré ses blessures, il a pu sauter par-dessus un mur pour s’échapper et aller vers le pont de Madina.

C’est à partir de là, qu'il est aperçu et secouru par la Croix rouge avant d’être conduit à l’hôpital Donka. N’ayant pas supporté l’atmosphère qui régnait à ce moment dans cette structure sanitaire, il a décidé d’aller à Ignace Deen où il a été finalement pris en charge durant trois mois, a indiqué Mohamed Ali.

Dans son lit de malade, a-t-il regretté, il a été traité avec dédain par le ministre de la santé d’alors. Le Colonel Abdoulaye Chérif Diaby, accusé dans cette affaire, lui aurait reproché d’avoir été au stade en le titillant sur le front. Le plaignant a témoigné avoir vu un camion militaire transporté des corps dans la morgue de cet hôpital pour, dit-il, une destination inconnue.

Sékou Diatéya Camara

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