La loi de finances rectificative est devenue le levier par excellence que l’exécutif manie à souhait pour remettre son budget à flot. Une manne financière qui ne sert en réalité qu’à entretenir le train de vie de nos satrapes. La pléthore de conseillers à gages du palais n’en dira pas le contraire. Tout comme d’ailleurs nos honorables députés dont la passion du lucre se passe de commentaire.
En compulsant ce projet de loi des finances rectificative
soumis à l’examen des parlementaires, on est sidéré de constater que les
autorités guinéennes donnent l’impression de ne pas vouloir sacrifier à la
tradition de l’orthodoxie budgétaire, prônée pourtant par le président de la
République, avec son fameux slogan de « Gouverner autrement ». C’est comme si
cette nouvelle philosophie gouvernementale, censée être la colonne vertébrale
des politiques publiques ne serait en réalité qu’un écran de fumée.
D’ailleurs, à propos de cette loi des finances dont la
singularité est le gonflement des dépenses de fonctionnement du parlement et de
la présidence de la République, les conjectures vont bon train dans la cité.
En effet, désabusée qu’elle est par cette gestion qui frise
l’opacité, l’opinion en est réduite à se morfondre sur son sort.
Car pendant que le gouvernement invite les Guinéens à mener
une vie de spartiates, conjoncture oblige, nos dirigeants eux, continuent de
mener grand train, comme des satrapes.
Cela ne peut se passer autrement avec des conseillers,
nommés à tour de bras, pour se tourner les pouces sous les ors d’une
présidence, où une taskforce, composée d’étrangers joue les premiers rôles. Et
une assemblée atone, réduite à jouer les mouches du coche.
C’est cette ambiance digne du radeau de la méduse qui
justifierait même la progression des lignes budgétaires de la présidence de la
République et de l’Assemblée nationale, respectivement de 35,5% et de 31% par
rapport à la loi des finances initiale.
Le budget de la présidence passe ainsi de près de cinq cent
milliards à plus de six cent milliards de nos francs. Tandis que celui du
parlement grimpe lui, de près de trois cent milliards à près de quatre cent
milliards.
L’adage qui dit « faites ce que je dis et ne faites pas ce
que je fais », n’a jamais été autant d’actualité. Quand on sait que la pauvreté
des ménages qui subissent le contrecoup de la hausse des carburants à la pompe,
continue de s’accroître au fil des jours.
Les pirouettes du ministre du Budget ne suffiront guère à
faire passer cette pilule plutôt amère auprès des contribuables. Car il ne faut
pas se leurrer, chacun des membres de notre establishment, y compris M. Ismaël
Dioubaté, voit midi à sa porte. Tous autant qu’ils sont, profitant de leur
position, pour se payer sur la bête.
La République étant bonne fille, ils auront encore de beaux
jours devant eux.
Mais comme l’a dit Confucius, je cite : « Sous un bon
gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la
richesse est aussi une honte. »
Mamadou Dian Baldé